Alors que les policiers l’amenaient au poste peu après son arrestation, Richard Bain leur aurait laissé entendre que sa cible était Pauline Marois, car il n’acceptait pas l’élection d’une femme indépendantiste, ont confié des sources au Journal hier.
Selon celles-ci, c’est d’ailleurs pour cette raison que l’enquête sur les événements de mardi a été confiée à la Sûreté du Québec.
Du côté du corps de police, on n’a pas confirmé l’information en indiquant que le discours du suspect était surtout incohérent après son arrestation.
Deux armes de plus
Nos sources nous ont aussi indiqué qu’outre un bidon contenant de l’essence, les techniciens en scène de crime de la police de Montréal auraient trouvé deux autres armes dans le VUS de Bain garé dans une ruelle derrière le Métropolis, soit une arme longue tronçonnée et une arme de poing.
Pour pouvoir s’approcher du Métropolis sans être remarqué, Bain aurait caché son fusil de type AK-47 dans un sac qu’il aurait glissé sous son peignoir bleu.
Autant du côté de la SQ que de la police de Montréal, on nous a dit qu’à aucun moment le suspect n’est entré à l’intérieur de la salle de spectacle où les partisans du Parti québécois étaient réunis.
Les deux victimes ont été atteintes à l’extérieur et ce sont des policiers de la SQ qui ont traîné la plus jeune à l’intérieur et qui se sont ensuite lancés aux trousses du tireur fou.
Bain a été arrêté peu après. Les policiers ont trouvé à ses côtés sa mitraillette et un pistolet. On ignore si les deux armes ont été utilisées. « Ce sont les analyses balistiques qui le diront », a indiqué le lieutenant Guy Lapointe de la SQ, qui a tenu à préciser qu’aucun projectile n’a abouti à l’intérieur du Métropolis où la nouvelle première ministre du Québec livrait son discours de victoire sur une scène, à quelques mètres de là.
L’analyse permettra également de confirmer si le fusil-mitrailleur du tireur s’est enrayé, comme l’ont rapporté des témoins.
Salle d’attente
Hier matin, Bain, qui aurait souffert de problèmes respiratoires, a été transporté à l’Hôpital Royal-Victoria, mais au moment d’écrire ces lignes, en début de soirée, il n’avait toujours pas été vu par un médecin.
Hier soir, le suspect n’avait donc pas encore été interrogé par les enquêteurs, ce qui expliquerait pourquoi il n’a pas comparu.
Les enquêteurs se questionnaient toujours sur les accusations qu’ils allaient recommander au procureur, mais Bain devrait comparaître par vidéo-comparution à 9 h 30 ce matin, depuis son lit d’hôpital.
Il ne serait pas surprenant qu’une évaluation psychiatrique soit demandée.
- Avec la collaboration d’Éric Thibault