MONTRÉAL -
Mathieu Darche restera toujours un étudiant dans l’âme. À 35 ans, l’ancien ailier du Canadien vit un cours accéléré dans l’art de négocier une convention collective en se retrouvant dans la garde rapprochée de Donald Fehr.
Darche, un diplômé en marketing et affaires internationales de l’Université McGill, est un témoin privilégié des jeux de coulisses entre l’Association des joueurs et les propriétaires de la LNH.
« Il n’y a pas une seule école qui m’enseignerait aussi rapidement ce que je découvre en participant aux négociations d’une convention collective d’un sport majeur en Amérique du Nord, a-t-il affirmé en entrevue au Journal de Montréal. Un jour, je voudrais aussi travailler dans le monde des affaires du sport et j’aimerais me retrouver dans un poste de gestionnaire. »
Pour un joueur comme Darche, le jour de la retraite n’est pas si lointain. Surtout quand on se retrouve sans contrat et devant un gros nuage noir avec le spectre d’un autre lock-out.
En aucun temps, il n’a craint de voir des portes se refermer devant lui en raison de son implication au sein de l’Association des joueurs.
« J’avais parlé à plusieurs directeurs généraux et à des adjoints afin de savoir si mon implication pouvait me nuire plus tard, a-t-il précisé. Ils m’ont tous dit que c’était le contraire. Ils me répondaient même qu’il s’agissait d’une bonne initiative puisque j’étais pour connaître la prochaine convention collective par cœur. Je n’ai pas reçu comme réponse que je pouvais courir à ma propre perte. J’ai aussi une attitude très respectueuse envers les propriétaires et les dirigeants de la LNH et ils ont la même attitude avec moi. »
« Souvent à la fin d’une réunion, je parle un peu avec les responsables de l’autre clan, comme Gary Bettman ou Billy Daly, a-t-il ajouté. Il y a aussi des propriétaires qui ont pris le temps de venir de voir pour me dire qu’il appréciait mon travail avec l’Association des joueurs. Il y a du respect entre nous. »
L’appel de Schneider
Le 28 août dernier, Darche a accompagné les frères Donald et Steve Fehr lors d’une réunion avec Gary Bettman et Billy Daly. Ron Hainsey, des Jets de Winnipeg, et Douglas Murray, des Sharks de San Jose, étaient également à la table du côté des joueurs. Il y avait donc seulement trois représentants parmi les 700 joueurs de la LNH.
Par sa modestie habituelle, Darche grince un peu des dents quand on lui dit qu’il appartient à un cercle fermé en raison de son rôle au sein de l’Association des joueurs.
« Honnêtement, ce n’est rien de trop particulier. Je me suis toujours impliqué au sein de l’Association des joueurs, j’ai aussi participé au comité de négociations de la dernière convention collective dans la Ligue américaine et j’ai toujours dit que ça m’intéresserait de faire la même chose dans la LNH. Cet hiver, j’ai reçu un appel de Mathieu Schneider pour me joindre au comité des joueurs et je lui ai dit oui. »
Conscient des enjeux, Darche a toujours prôné la plus grande implication des joueurs au sein de leur propre association.
« Je dis toujours aux joueurs qui ne s’impliquent pas dans les négociations qu’ils ne pourront pas chialer après », a-t-il lancé avec le sourire dans la voix.
Le messager
Même s’il n’appartient plus au Tricolore, Darche n’a pas coupé les ponts avec ses anciens coéquipiers. Il sert aussi souvent de messager pour expliquer les négociations ardues entre les proprios et l’AJLNH.
« Pendant que je te parle, je reçois des messages textes de Tomas Plekanec de la République tchèque, a-t-il dit. La semaine dernière, quand les dirigeants de la LNH ont refusé notre contre-proposition, j’ai obtenu de 20 à 25 textes et plusieurs appels. Les gars me posent toujours la même question: est-ce qu’il y aura un lock-out ? Je réponds toujours que c’est trop difficile à prédire et qu’ils doivent se préparer comme s’il n’y aura pas de lock-out. »