Le Horse Palace de Griffintown sera conservé et restauré sur le site qu’il occupe depuis 150 ans. Les écuries en bois seront démontées dans les prochaines semaines et reconstruites à l’identique d’ici l’été 2013.
L’écurie située sur la rue Ottawa, entre La Montagne et Murray, loge des chevaux depuis 1862. Encore aujourd’hui, des caléchiers du Vieux-Montréal y louent des espaces toute l’année malgré la décrépitude des lieux. Témoins de l’histoire populaire de la ville, et du rôle névralgique du cheval dans l’économie montréalaise du 19e siècle, le site retrouvera son lustre d’antan et offrira même des services aux résidents du Sud-Ouest.
Sauvé des condos
Locataire au Horse Palace depuis 14 ans, Judy Waldon se réjouit de la conservation de ce site, une des dernières écuries en milieu urbain en Amérique du Nord. Depuis la vente des terrains à deux promoteurs, Maître Carré et BCG Construction, elle craignait de devoir déménager pour faire place à des tours à condos.
Mais « l’écurie va demeurer et les chevaux vont continuer à y être », assure la présidente de la Fondation du Horse Palace, Juliette Patterson. Avec le soutien de l’arrondissement du Sud-Ouest, son organisme a réussi à sauver le site de la frénésie immobilière.
En juillet, des bénévoles de la fondation, appuyés par des cols bleus, ont nettoyé les lieux laissés à l’abandon depuis de nombreuses années. De concert avec le propriétaire des lieux, le promoteur Maître carré, la fondation travaille maintenant à démonter les écuries en bois. L’opération doit être complétée en octobre.
Chaque planche de la façade a été méticuleusement numérotée ces derniers jours pour être replacée au bon endroit sur le bâtiment neuf qui doit être livré l’été prochain.
Zoothérapie et musée
En parallèle, la Fondation du Horse Palace travaille à un plan d’affaire avec l’arrondissement et le regroupement économique du Sud-Ouest (RESO).
Son objectif est de créer une entreprise d’économie sociale qui maintiendra l’activité équestre tout en offrant des services de zoothérapie aux enfants autistes, notamment. Un musée inspiré du Tenement Museum de New York est également dans les plans. Il serait dédié à l’histoire de Griffintown, à l’habitat ouvrier du 19e siècle, et au rôle du cheval en milieu urbain.
« C’est très important que les caléchiers restent, parce que sans eux, il n’y aurait plus de chevaux en ville. C’est une part importante de notre histoire qui disparaîtrait. Notre intérêt est de conserver un lieu et une activité historique, pas d’en faire un Walt Disney », insiste Juliette Patterson.