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Des aînés mis à la rue

Leur résidence privée ferme ses portes en raison de problèmes financiers

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L’annonce de la fermeture de la résidence Rive-Soleil, hier, a eu l’effet d’une bombe pour les proches des 24 résidents qui se retrouvent à la rue.

« Je ne peux pas annoncer ça à ma mère, confie en larmes Cynthia Scallon. Il y a des gens qui vont mourir de ça. C’est inacceptable ! »

Après plusieurs mois de réflexion, la direction de la résidence Rive-Soleil en est venue à la conclusion qu’elle n’avait d’autre choix que de fermer ses portes.

Plusieurs employés et parents des résidents n’ont pu retenir leurs larmes durant l’annonce, hier.

Trop émue, la directrice générale Édith Sauvageau a même demandé l’aide d’un collègue pour compléter son allocution.

« Nous avons tout fait pour ne pas fermer, vraiment tout », a-t-elle juré.

Situé à Pointe-aux-Trembles, le centre d’hébergement de soins de longue durée a des problèmes financiers en raison d’un manque de résidents. Actuellement, seulement 24 des 50 places sont occupées.

Des lits vides

Depuis 2003, le centre d’hébergement avait une entente avec l’Agence de la Santé et des Services sociaux de Montréal, qui louait une vingtaine de lits pour des personnes âgées.

Or, cette entente n’a pas été renouvelée. Si bien qu’actuellement, il ne reste plus que quatre résidents du public à vivre à cet endroit.

« On n’arrive pas financièrement, on est à seulement 50 % de notre capacité », indique Édith Sauvageau.

En août dernier, cette dernière dit avoir tout fait pour convaincre l’Agence de placer 10 personnes âgées présentement en attente d’une place, à l’hôpital Notre-Dame.

Pas d’argent

« On a tout ce qu’il faut pour les accueillir, mais ils nous ont répondu qu’ils n’ont pas d’argent pour payer les places ! Il n’y a pas moyen de faire d’entente, déplore Édith Sauvageau. C’est assez spécial, bravo pour le réseau. »

De son côté, l’Agence n’a pas voulu confirmer cette information. Or, elle indique que son engagement premier demeure les patients du réseau public.

« Notre priorité est de gérer les personnes du public, indique Pascale Larocque, directrice des programmes et service à l’Agence. On ne peut pas juste prendre des patients et les envoyer là. C’est une entreprise d’affaires privée qui a pris ses décisions. »

Ainsi, l’Agence devra prendre en charge ces résidents qui se retrouvent à la rue.

Hier, une représentante de l’Agence a indiqué aux familles que tout sera fait pour les replacer d’ici une semaine.

« C’est ridicule. Ces gens-là qui sont ici depuis 10 ou 15 ans pensaient pouvoir finir leur vie chez nous, et ils se retrouvent à la rue, déplore un des propriétaires de la résidence, Marc Létourneau. Le Ministère aime mieux les laisser dans les corridors. »

« Comme une business »

Selon ce dernier, la fermeture de cette résidence n’a aucun sens.

« On a deux médecins sur place, le bâtiment a été rénové il y a quatre ans, on a tout ce qu’il y a de plus moderne !, jure-t-il. On a vraiment tiré sur l’élastique pour rester ouvert. Mais, le réseau de la santé est vraiment géré comme une business. »

De son côté, Cynthia Scallon ne peut pas croire que le gouvernement en arrive à cette décision.

« Il manque de places partout, qu’ils amènent 20 patients ici et ils n’auront pas besoin de déménager !, rage-t-elle. Ma mère commençait seulement à s’habituer ici. Le déménagement va l’achever. »

 

 

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