Une trentaine de personnes et des membres du regroupement Ensemble pour l’Avenir durable du Grand Gaspé ont manifesté jeudi leurs inquiétudes et leur vive déception, après avoir appris lors de l’assemblée municipale du 10 septembre dernier, à Gaspé, que Pétrolia allait installer sa foreuse à 350 mètres de leurs résidences.
Le rassemblement s’est tenu dans le quartier Sandy-Beach / Haldimand, où se trouvent les puits de Pétrolia. En plus du regroupement, se trouvaient sur place des jeunes familles ainsi que des résidents de longue date, qui en avaient long à dire sur l’avenir de leurs propriétés adjacentes et de leur environnement.
«On nous dit que le forage va commencer en janvier, a déclaré Pelope Adzakpa, un nouvel arrivant. On est à trois mois de janvier. Ma maison est celle qui sera la plus proche de la foreuse et personne n’est encore venu me voir de chez Pétrolia, pas même du moins pour m’aviser. Je l’ai appris par les journaux…»
Autres témoignages touchants
Mme Adèle Guay, une Gaspésienne de souche anglophone qui possède une grande propriété près du puits Haldimand No 1, croit que ce secteur du centre-ville, où les gens habitent, est beaucoup trop fragile pour de la fracturation et de l’exploration pétrolière.
«Le Gaspé que je connais se «travestit» en devenant une ville pétrolière. Gaspé est une ville touristique et beaucoup d’efforts sont faits en ce sens depuis tant d’années… la qualité de notre Baie, c’est précieux pour nous», a-t-elle expliqué.
Katie Archambault, une jeune mère de famille agricultrice accompagnée de ses jeunes enfants, voyait l’avenir de manière plutôt sombre : «C’est une histoire de cœur brisé. Pétrolia s’installe en haut de la montagne, nous vivons en bas. Les boues de forage, on le sait, elles sont contaminées. Avec les pluies, vers où iront les boues? C’est très inquiétant. Ils ont beau dire ce qu’ils veulent, mais nous, on ne les croit pas. On a peur de devoir partir», a-t-elle lancé.
L’aide de Mme Marois
En plus de demander à Pétrolia de leur donner de l’information dans les plus brefs délais, les citoyens directement touchés ont demandé l’aide du député Gaétan Lelièvre, afin qu’il intervienne auprès de Mme Marois devant cette situation qu’ils jugent intolérable. Cette dernière avait affirmé, de passage en Gaspésie lors de la campagne électorale, ne pas être en faveur du développement des hydrocarbures dans les secteurs habités. Au moment d’écrire ces lignes, il était impossible de joindre le nouveau député de Gaspé, qui est à Québec cette semaine.
Du côté de Pétrolia, on promet de rencontrer les gens concernés dès que possible pour parler de cohabitation avec l’industrie pétrolière. Isabelle Proulx a même parlé de la possibilité d’ériger un mur pour bloquer le son de la foreuse au besoin, pour la durée des travaux, ainsi que de plans d’aménagement pour l’après-forage.
«Je vous le dis, on est rendus vert foncé nous ici. Il n’y aura pas de cohabitation, même s’ils nous font de beaux petits parcs pour observer le coucher de soleil sur la baie avec nos enfants, il n’y en aura pas de cohabitation. On n’en veut pas de pétrole!» a fulminé Lise Chartrand, la porte-parole du regroupement Ensemble pour l’avenir durable du Grand Gaspé.