Le pianiste Guillaume Martineau réalisera l’idée folle de se produire durant plus de 10 h, ce samedi, sur le piano placé cet été au coin des rues Marie-Anne et Saint-Denis, dans l’arrondissement Le Plateau-Mont-Royal. Son programme : l’improvisation.
Il ne faut pas sous-estimer le talent du musicien de 27 ans, tout droit sorti du prestigieux Collège de musique de Berklee, à Boston.
Samedi matin, dès 10 h, on le retrouvera assis à deux pas du trottoir pour battre son record : jouer plus de 10 h sans arrêt. Le concert hors de l’ordinaire se fera sur le même piano que celui utilisé par Patrick Watson il y a un mois, au même endroit.
«Je vais le faire jusqu’à 20 h, et s’il n’y a pas de police du piano qui m’en empêche, je vais continuer encore», a-t-il lancé, un sourire complice.
De Pink Floyd à Chopin
Les passants risquent d’en entendre de toutes les couleurs. Si Guillaume Martineau n’a pas de plan détaillé pour occuper cette longue journée (ni partitions), il entrevoit tout de même exécuter la Polonaise héroïque de Chopin, la Valse pour Debby de Bill Evans et rien de moins que Shine On You Crazy Diamonds de Pink Floyd.
Et son exploit aura ceci d’inusité qu’il ne répétera aucun morceau au cours de cette longue plage horaire. «J’aime sortir de ma zone de confort, a-t-il évoqué. L’improvisation est une réalité qui demande de prendre des décisions dans l’instant, dans l’immédiat.»
Des irritants, il sait qu’il y en aura assurément beaucoup. Le bruit de la circulation en sera certainement un, la pluie, la chaleur même...
«On ne sait pas, peut-être qu’un ivrogne va arriver et me tasser, s’est-il esclaffé. Mais je le vois comme un défi. Je dois transformer ça en quelque chose de beau.»
Le piano sera accordé tôt le matin. Des amis prévoient apporter saxophone, djembé et cajon. Gageons que des guitares se joindront à la fête.
Boire d’une main
Étrangement, Guillaume Martineau n’anticipe pas avoir besoin d’aller au petit coin. Secret de professionnel. Et pour l’alimentation, ses amis s’en chargeront.
«Je vais boire d’une main et jouer de l’autre j’imagine», a-t-il considéré, l’air penseur.
Chose certaine, l’épreuve promet d’être olympienne.