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« Ramasseux de taxes »

La Ville veut 15 M$ de plus en amendes aux automobilistes

« Ramasseux de taxes »
Photo le journal de montréal, anabel cossette-civitlla
Les automobilistes montréalais peuvent s’attendre à recevoir un plus grand nombre de contraventions.
« Ramasseux de taxes »
Photo le journal de montréal, anabel cossette-civitlla
Les automobilistes montréalais peuvent s’attendre à recevoir un plus grand nombre de contraventions.

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La projection du SPVM de donner pour 15 millions $ supplémentaires en contraventions de toutes sortes, enrage ceux qui croient que ça aura l’effet de conférer une mauvaise image aux policiers.

« Les policiers ne sont pas là pour ça. Trouvez-vous des pseudo ramasseux de taxe », a ironisé Alfredo Munoz en réaction à l’annonce de la Ville de Montréal, la semaine dernière.

Président de SOS Ticket, un organisme qui vient en aide aux citoyens qui désirent contester une contravention, et ancien sergent du SPVM, M. Munoz avait quitté le corps de police en critiquant notamment les fameux « quotas » demandés aux policiers.

Pour le chef de la deuxième opposition officielle aussi les policiers ont le mauvais rôle dans cette histoire. Richard Bergeron trouve « scandaleux » d’obliger un service de police aussi prestigieux que le SPVM à donner des contraventions.

« C’est les rabaisser, les insulter. En tant que Montréalais, j’ai honte de voir les policiers se cacher pour attraper ceux qui commettent des infractions », a-t-il tonné.

Les principaux intéressés eux, ne tranchent pas aussi facilement.

« En 10 ans, on ne m’a jamais demandé plus de billets », nuance un agent de la paix sous le couvert de l’anonymat.

« Le but [des constats], ce n’est pas d’engranger de l’argent sur notre dos », croit-il, mais plutôt de s’assurer du rendement des policiers. Et pour lui, il est quasi-impossible en une journée de neuf heures de ne pas voir d’infractions.

« Ça fait partie de la job, mais ça ne nous tente pas, balance un autre policier. Ça nous enlève de la latitude. Quand on se sent obligé, ce n’est pas intéressant ».

La sécurité

À la Ville de Montréal, on assure que « les policiers ne sont en aucun cas des percepteurs de taxes » et que l’augmentation du nombre d’infractions se fera naturellement.

Le SPVM projette en effet une augmentation du nombre de contraventions, grâce à des policiers « plus vigilants dans l’application du Code de la route », une mesure qui comprend à la fois les constats sur les stationnements et les infractions à la sécurité routière.

On soutient que les interventions ne visent pas à diminuer l’achalandage des routes montréalaises, mais « uniquement à promouvoir la sécurité publique », une réponse qui fait fulminer Richard Bergeron.

« Faux prétexte »

« Bâtir un discours de la vigilance, c’est une partie de la sottise », a-t-il assuré, exaspéré.

« C’est un faux prétexte ! C’est une aberration, on confond économie et justice », s’est aussi indigné le PDG de SOS ticket.

D’après lui, les élus semblent incapables de couper là où il faut et de faire une saine gestion des affaires publiques.

« C’est une réflexion à très très court terme, et ils sont en train de tuer la Ville de Montréal », a vociféré M. Munoz. Pour lui, plus de contraventions signifient l’exode des commerçants et des touristes vers l’extérieur du grand centre.


► Le syndicat des policiers, la Fraternité des policiers et policières de Montréal, n’a pas voulu commenter hier.

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