De nombreux visiteurs se rendent tous les jours à la maison natale de l’ancien premier ministre René Lévesque, située à New Carlisle. Mais selon plusieurs, ce lieu reconnu monument historique national est en piteux état. Des citoyens réclament depuis des années un lieu de mémoire à la hauteur du personnage politique.
« C’est assez désolant de voir la maison dans cet état-là », a lancé l’ex-député péquiste Jean-Pierre Charbonneau sur les ondes de RDI.
Dans le cadre de l’émission le Club des ex, le chroniqueur a décrit l’état « pitoyable » dans lequel se trouve la maison natale de René Lévesque. « C’est à l’abandon, il y a des morceaux de bois qui bouffent des fenêtres, il y a des branches partout à terre. »
Cette déclaration a fait bondir l’actuel propriétaire de la résidence de l’ancien premier ministre québécois. Blessé par ces propos, Denis Cloutier affirme avoir pourtant effectué certains travaux sur sa maison.
« Monsieur Charbonneau a fait une faute. C’est vrai que la maison a besoin de travaux, mais elle n’est pas laissée à l’abandon. En plus de mon temps personnel, j’y ai mis entre 50 000 $ et 60 000 $, en électricité et en plomberie. Mais c’est des travaux qui ne paraissent pas », explique-t-il.
Le propriétaire, qui possède la résidence depuis 1995, estime à 250 000 $ le coût total des travaux nécessaires. « Je sais que les galeries sont à refaire, j’en ai enlevé une récemment. Il y a aussi les châssis et le toit. Je n’ai pas tondu le gazon depuis deux semaines », concède-t-il.
Monument historique
Reconnue officiellement comme bien patrimonial depuis le 24 juin 1995, la maison natale de René Lévesque est soumise à la Loi sur les biens culturels, qui, pour l’instant, n’oblige pas le propriétaire d’un bien reconnu à le conserver en bon état. Mais le ministère de la Culture demande tout de même à M. Cloutier d’effectuer des rénovations sur sa maison depuis qu’il en est le propriétaire, soit 17 ans.
« Nous, on veut qu’il fasse des travaux, mais il ne veut pas investir. Des mesures coercitives peuvent être prises, mais nous n’en sommes pas là », explique Claudine Bertrand, directrice des Communications au ministère de la Culture.
Une nouvelle Loi sur le patrimoine culturel entrera en vigueur le 19 octobre prochain et aura plus de mordant, assure-t-elle. « Il sera plus facile pour nous d’intervenir lorsqu’un bien est menacé et des mesures plus dissuasives seront mises en place », ajoute Claudine Bertrand.
Denis Cloutier se dit très attaché à la maison natale de René Lévesque. Il refuse obstinément de la vendre ou qu’elle soit déplacée. « Voyons, c’est un bien historique ! C’est un homme qui a fait de grandes choses. Quand on entre dans cette maison-là, c’est impressionnant sur le plan émotif », confie-t-il.