L'entrée en poste d'un gouvernement péquiste perçu comme hostile au développement des ressources naturelles suscite des inquiétudes quant à la pérennité du Plan Nord mis en branle sous les libéraux.
Jeudi, l'ex-ministre des Finances Raymond Bachand n'a pas caché qu'il voyait d'un mauvais œil la nomination de deux «idéologues», Martine Ouellet et Daniel Breton, à la tête de ministères environnementaux importants.
«Avec eux, c'est des moratoires partout. Je suis inquiet pour les 35 000 Québécois qui travaillent dans le secteur minier», a-t-il dit.
Les propos de M. Bachand ont été recueillis le même jour que la publication, opportune, d'une étude de l'industrie minière sur les retombées générées par le secteur.
Normand Champigny, le président de Minalliance, n'a pas caché que l'augmentation prévue des redevances par le PQ pourrait compromettre des projets miniers prévus dans le cadre du Plan Nord.
«C'est important d'avoir une stabilité dans le régime fiscal, et des changements pourraient avoir l'effet contraire à celui attendu», a-t-il dit.
En ce qui a trait aux prévisions d'investissements miniers dans les prochaines années, M. Champigny n'a pas caché que celles-ci impliquaient un prix relativement stable des métaux.
«Une baisse du prix du fer peut changer la donne», a-t-il admis.
Le débat sur les redevances ne fait pas rage seulement au Québec. En Australie, le journal The Australian rapporte que l'augmentation prévue des redevances suscite la grogne des géants miniers.
L'État de l'Australie-Occidentale prévoit une hausse de 300 % en huit ans, avec des redevances qui passeraient de 1,6 milliard $ en 2008 à 6,56 milliards $ en 2016.
Rio Tinto a déjà indiqué qu'elle avait versé 1,8 milliard $ en redevances à l'Australie l'an dernier et que les hausses récentes avaient un impact sérieux sur les coûts de certains projets.
Par ailleurs, l'ancien premier ministre de Terre-Neuve, Brian Tobin, qui est devenu président du conseil de Marret Resource Corp., s'avère être un allier surprenant de Pauline Marois.
Dans une entrevue à Bloomberg, M. Tobin a dit ne pas craindre l'élection du Parti québécois et considérer Mme Marois comme une femme pragmatique qui évitera de mettre à risque le développement du Nord.
«Si d'autres pourvoyeurs de capitaux sont nerveux et n'investissent pas au Québec, cela veut dire que les projets pour un développeur de mines comme moi seront moins coûteux, et les évaluations plus basses. Je suis content de ça», a-t-il dit.