Les joueurs québécois qui croyaient pouvoir garder la forme en évoluant dans la Ligue nord-américaine de hockey devront se trouver un autre plan.
Au cours du dernier lock-out de Gary Bettman, la LNAH avait accueilli dans ses rangs Donald Brashear, Marc-André Bergeron, Sébastien Caron, Mathieu Biron et Sébastien Charpentier. Cinq joueurs de la LNH à la recherche de travail.
Michel Godin, le commissaire du circuit, affirme que cette fois, ses gouverneurs et lui ont convenu de fermer la porte aux lock-outés.
Excluant ceux qui ont participé uniquement à des matchs préparatoires, tous ceux qui ont joué un match dans la LNH l’an dernier ou qui possèdent un contrat de la LNH seront refusés.
Trois raisons justifient la décision du commissaire de la LNAH et de son groupe : « D’abord, les équipes doivent maintenant respecter un plafond salarial, ce qui n’existait pas en 2004-2005. Deuxièmement, on ne veut pas offrir un produit qui ne serait que temporaire. Enfin, on le fait par respect pour nos propres joueurs, puisque certains seraient mis de côté pour faire place à ceux qui arrivent de la LNH », a énuméré le commissaire.
Une belle vitrine
Malgré l’absence de joueurs de la LNH, Godin est tout de même persuadé que son circuit pourrait profiter d’un long conflit de travail dans la cour de Gary Bettman.
« En 2004-2005, beaucoup de médias s'étaient tournés vers nous. Grâce à cela, de nombreux amateurs de hockey avaient découvert notre ligue et la qualité de notre produit. Je suis persuadé que l'effet sera une fois de plus très positif pour nous », a-t-il estimé.
Par la bande, Le Hockey dans l'ventre, une série documentaire mettant en vedette les joueurs du Cousin de Saint-Hyacinthe, avait même été diffusée sur les ondes de RDS.
À l'époque, 10 formations, dont deux dans la région métropolitaine (les Chiefs de Laval et les Dragons de Verdun), formaient les cadres du circuit. La LNAH ne compte plus maintenant que sept concessions et aucune ne se trouve dans la couronne immédiate de Montréal.
« C'est certain que le bassin de partisans du Canadien avait fait une grosse différence pour notre ligue. Cependant, des amateurs du Canadien en manque de hockey, il y en aura partout au Québec », a-t-il soutenu, soulignant au passage la présence d'équipes à Sorel et Cornwall.
Les cinq autres concessions ont pignon sur rue à Trois-Rivières, Saguenay, Rivière-du-Loup, Saint-Georges de Beauce et Thetford Mines.
Opération séduction
Née au milieu des années 1990 de la fusion entre la Ligue senior majeure du Québec et la Ligue de hockey semi-professionnelle du Québec, la LNAH a longtemps traîné la réputation de ligue de bagarreurs. Encore aujourd'hui, elle a de la difficulté à se défaire de cette étiquette. L'occasion est donc idéale pour changer les perceptions.
« On veut démontrer aux gens que nous sommes une ligue sérieuse. Notre objectif est de les attirer chez nous et de les garder même après la fin du conflit. »
► Le calendrier régulier de la LNAH se met en branle demain, à Cornwall.