Qualifiant la fermeture de Gentilly-2 de «drame», les syndicats d’Hydro-Québec veulent rapidement rencontrer le gouvernement Marois.
Le président de la FTQ, Michel Arsenault, a lui-même demandé à voir Martine Ouellet, la ministre des Ressources naturelles, responsable d’Hydro-Québec.
Les syndicats membres qui représentent directement les employés d’Hydro-Québec ont aussi fortement réagi à l’annonce du déclassement de Gentilly-2 hier.
«Drame humain»
«La région va perdre des centaines d’emplois spécialisés. Ce moteur économique sera arrêté et le Québec va perdre un atout important dans la diversité de sa production énergétique», a dit Lucie Levasseur, présidente du Syndicat canadien de la fonction publique, section Québec.
Mme Levasseur demande une audience publique ou une commission parlementaire sur le sujet.
Richard Perreault, président du Syndicat des employés de métiers d'Hydro-Québec, parle carrément de «drame humain.»
«J’ai 400 personnes à placer au moment où Hydro-Québec est en baisse d’effectif, souhaite plus d’efficience et le gouvernement demande de plus en plus de dividendes à la société d’État. Ce n’est pas évident», a déploré ce dernier.
Que faire des spécialistes du nucléaire?
Selon le SCFP, près de 200 employés temporaires perdront leur travail d’ici la fin de l’année et le syndicat évalue à cent le nombre d’emplois indirects menacés. La société d’État n’a toujours pas statué sur les 500 postes permanents de la centrale, qui bénéficient de la sécurité d’emploi.
Un problème se posera rapidement : que faire des spécialistes de l’énergie nucléaire? C’est ce qui inquiète les spécialistes en radioprotection, en sûreté nucléaire et les chargés de maintenance nucléaire de Gentilly-2.
«C’est ça qu’on ne sait pas», répond Richard Perreault. Benoît Bouchard, dont le syndicat des spécialistes chez Hydro-Québec défend une centaine de membres à Gentilly, n’a pas plus de réponses. « Ce sera un problème, ce sera très difficile de les replacer même s’ils ont la sécurité d’emploi », a dit ce dernier.
La réfection de la centrale nucléaire aurait coûté au moins 2,5 milliards $ selon diverses estimations. L’organisme Nature Québec estime que sa fermeture pourrait revenir à près de 1 milliard $.