MONTRÉAL - Gérer les 4500 animaux du Biodôme de Montréal demande tout un sens de l’organisation et des contacts à travers la planète pour découvrir l’oiseau rare qui bonifiera la collection.
Consultation de listes d’individus, plan de transport, casse-tête logistique, formulaires qui n’en finissent plus. Le chemin est long avant que Serge Pépin, conservateur des collections animales, ne voie le fruit de ses efforts. « Le processus peut dépasser un an, parfois », explique-t-il.
Outre l’acquisition d’espèces pour garnir l’un des cinq écosystèmes du Biodôme, il doit aussi gérer les tentatives de reproduction et les échanges entre les différents établissements zoologiques avec lesquels Espace pour la vie est en partenariat.
« Il y a des prêts entre les institutions qui sont accréditées, comme nous le sommes, poursuit-il. De cette façon, on est certain de la qualité des soins offerts à l’animal. On s’entraide de cette façon-là. »
La vente d’animaux, selon lui, est très rare. « Il n’y a pas de bourse des animaux ».
Lorsqu’il s’intéresse à une espèce qu’il voudrait acquérir, une politique de gestion encadre chacune des étapes qui mèneront le nouveau venu au Biodôme. « On commence toujours par chercher dans les institutions accréditées, puis dans celles qui ne le sont pas. Si nous ne trouvons toujours pas, nous allons vers l’élevage, mais en exigeant certaines informations et en allant faire une inspection. »
Une logistique complexe
En dernier lieu seulement, le prélèvement d’animaux dans la nature est considéré. « Nous voulons faire de moins en moins appel à ceux-ci », concède-t-il, même si quelques fois il n’est pas possible de faire autrement.
La méthode de reproduction en captivité permet de conserver environ 90 % de la diversité des gênes sur une durée de 100 ans, si elle est bien effectuée.
Pour remplir cette tâche complexe, le Biodôme profite de l’aide de l’Association des Zoos et Aquariums (AZA), qui fournit des recommandations pour la dispersion des individus d’une même espèce au sein du monde zoologique.
« Je ne peux pas librement décider que mon lynx, je l’envoie à mon ami au Zoo de Granby, observe M. Pépin. C’est un groupe de l’AZA qui décide où et avec qui il va se reproduire pour assurer la diversité. »
Un parcours atypique
Avec un baccalauréat en biologie et une maîtrise spécialisée sur les poissons, Serge Pépin n’aurait jamais pensé occuper un poste comme le sien. « Si quelqu’un m’en avait parlé pendant mes études, je n’aurais probablement pas été intéressé. »
Ce type d’opportunité d’emploi étant peu courant, M. Pépin estime qu’il a été au bon endroit au bon moment.