Le camp 3 sur le mont Manaslu était « sécuritaire », soutient un alpiniste aguerri.
À l’altitude où s’est passée la tragédie au Mont Manaslu, les chances d’avalanche étaient faibles et le campement normalement à l’abri, preuve que l’avalanche qui a emporté 13 personnes au Népal, dimanche matin, était imprévisible.
En aventurier aguerri et connaisseur de la zone, François-Xavier Bleau a été très surpris d’apprendre la disparition de l’alpiniste québécois Dominique Ouimet hier matin.
« Je connais très bien les lieux, et toute avalanche qui viendrait de haut serait avalée ou déviée par la crevasse près du campement », commente-t-il.
Peut-être un sérac
Il déduit que c’est peut-être un sérac, un de ces gros blocs de glace détachés d’un glacier, qui est tombé durant la nuit, causant l’avalanche qui a emporté le campement.
M. Bleau a lui-même tenté l’ascension du sommet du mont Manaslu en octobre 2010 et, en alpiniste habitué des montagnes népalaises, la tragédie lui rappelle ses propres expériences.
« Dans un 8 000 mètres, on est tous dans l’ombre de la mort, c’est intrinsèque à ce type d’ascension. Tu le sens plus qu’ailleurs », commente-t-il.
Pour lui, non seulement l’avalanche de dimanche est un événement dramatique, mais pour tous les grimpeurs, « c’est même un peu angoissant. Une avalanche, c’est un peu un Act of God. Cela n’arrive pas parce qu’on a pris une mauvaise décision; on n’a à peu près pas le contrôle. »
La disparition de Dominique Ouellet serait une première chez les Québécois ayant entrepris l’ascension d’une montagne de 8 000 mètres, considérée comme la ligue majeure chez les alpinistes.
Par contre, les morts pour cause d’avalanche, « ça arrive régulièrement. Dans l’histoire des tragédies en montagne, c’est même l’ennemi numéro 1 ».
Le même trajet
Laurent Homier, alpiniste aguerri de Sainte-Lucie-des-Laurentides qui a effectué exactement le même trajet que le Dr Ouimet à l'automne 2011 et qui a atteint le sommet, est très touché par cette nouvelle.
M. Homier connaissait personnellement les deux guides français de cette expédition; ils l’avaient accompagné l’an dernier.
Selon lui, cette montagne était réputée « pour s’être calmée ces dernières années ». N’empêche, il y a toujours des avalanches de plus ou moins grande envergure, ajoute-t-il.
– Avec des dépêches de l’Agence QMI