Gabriel Nadeau-Dubois a clamé son innocence devant les médias jeudi au palais de justice de Québec, mais il n’a pas témoigné pour sa défense à son procès pour outrage au tribunal.
L’ancien leader étudiant est poursuivi par Jean-François Morasse, cet étudiant de l’Université Laval qui a obtenu une injonction au printemps pour assister à ses cours en arts plastiques.
Morasse prétend que Nadeau-Dubois a incité, dans une entrevue diffusée à RDI, les étudiants en grève à ne pas respecter les injonctions du tribunal, incluant la sienne.
L’avocat de Nadeau-Dubois, Me Giuseppe Sciortino, a choisi de ne pas l’appeler à la barre.
Plus tôt en journée, Me Sciortino a échoué dans sa tentative de faire acquitter son client en soutenant que le procès n’avait pas lieu d’être car l’injonction ne visait pas son client et qu’il n’y avait pas de preuve qu’il ait pris connaissance de l’injonction avant de faire sa déclaration.
Le juge Denis Jacques de la Cour supérieure du Québec a rejeté sa motion de non-lieu notant que Nadeau-Dubois était porte-parole de la CLASSE au moment des événements et que l’Association des étudiants en arts plastiques de l’Université Laval (AsÉTAP), visée par l’injonction obtenue par Morasse, était membre de la CLASSE.
La présidente de l’AsÉTAP, Marie-Pierre Bocquet, seule témoin de la défense, est venue dire qu’elle ou son association n’avait pas mis Nadeau-Dubois ou la CLASSE au courant de l’injonction.
Morasse témoigne
Le procès s’est ouvert jeudi avec le témoignage de Morasse. Ce dernier a soutenu qu’il n’en voulait pas à Nadeau-Dubois et qu’il aurait pris les mêmes actions contre n’importe qui pour faire respecter son injonction et terminer ses cours.
L’avocat du demandeur, Me Maxime Roy, a également déposé l’entrevue diffusée à RDI le 13 mai dernier et dans laquelle il aurait incité des étudiants à défier les injonctions émises par les tribunaux.
«C'est tout à fait regrettable qu'il y ait une minorité d'étudiants et d'étudiantes qui utilisent les tribunaux pour contourner la décision collective qui a été prise. Donc, nous, on trouve ça tout à fait légitime que les gens prennent les moyens nécessaires pour faire respecter le vote de grève, et si ça prend des lignes de piquetage, on croit que c'est un moyen tout à fait légitime», dit Nadeau-Dubois dans l’entrevue.
Le procès reprend vendredi matin avec les plaidoiries des deux parties.
Accueil discret
À son arrivée au palais de justice de Québec jeudi, Nadeau-Dubois a été accueilli par une poignée d’étudiants s’est dit confiant de convaincre le juge de son innocence.
« Je suis convaincu de mon innocence et mon avocat aussi et on va travailler très fort toute la journée pour le démontrer au juge », a-t-il dit aux journalistes.
S’il est reconnu coupable, Gabriel Nadeau-Dubois s’expose à une amende maximale de 50 000$ et à une peine d’emprisonnement maximale d’un an.
Me Roy a déjà affirmé qu’il comptait réclamer une peine d’emprisonnement s’il est reconnu coupable.