SHERBROOKE -
Daultan Leveille n’oubliera jamais la mort de son grand frère et meilleur ami, Clayton. Plus d’un an après cette tragédie, l’ancien choix de premier tour en 2008 des Thrashers d’Atlanta souhaite rebondir avec les Bulldogs de Hamilton.
«Clayton a toujours voulu que je poursuive mon rêve de jouer dans la LNH, il me le répétait constamment, même quand il était sur son lit à l’hôpital, a expliqué Daultan Leveille au Journal de Montréal. J’ai donc comme objectif d’atteindre mon plus grand objectif. Je veux le faire pour moi-même, mais surtout pour Clayton.»
«Le jour où je poserai mes patins sur une glace de la LNH, je penserai à tout le chemin que j’ai parcouru.»
Il y a quatre ans, Daultan Leveille vivait le parfait bonheur. Réclamé au premier tour (29e au total) par les Thrahsers au repêchage de 2008 à Ottawa, il s’imaginait tout près de la grande ligue. C’était bien avant que le destin le frappe de plein fouet.
Le mois de janvier 2011 restera toujours un souvenir douloureux pour le jeune attaquant natif de St. Catharines, en Ontario. Son frère, l’aîné d’une famille de cinq enfants, a rendu l’âme après une bataille de près de sept mois avec une rare maladie sanguine. Il n’avait que 21 ans.
«La maladie l’a emporté très rapidement, a expliqué Daultan avec un trémolo dans la voix. Il est tombé malade en juillet et il est mort en janvier. Il avait dit à son médecin qu’il ne pensait pas fêter ses 22 ans et il nous a finalement quittés une semaine avant son anniversaire. C’est très court comme laps de temps, mais c’était une éternité pour nous.»
Encore aujourd’hui, les causes de son décès restent inconnues.
«Les médecins n’ont jamais officiellement diagnostiqué les raisons de sa mort, a expliqué Daultan. Ils ont avancé l’hypothèse qu’il a attrapé quelque chose de rare lors de son séjour d’une semaine au Mexique. Il y a aussi comme possibilité qu’il serait né avec une maladie sanguine. Ils font encore des tests aujourd’hui pour définir la cause, mais ils sont persuadés qu’il ne s’agissait pas d’un cancer.»
Priorités ailleurs
Au moment du décès de son frère Clayton, Daultan en était à sa troisième saison avec les Spartans de l’Université Michigan State.
«Mentalement, il s’agissait d’un véritable combat pour moi, a confié l’étudiant en psychologie sportive. Je devais séparer les problèmes dans ma vie personnelle du hockey et de l’école. Quand je me réveillais le matin, j’avais souvent l’esprit ailleurs. Sur la glace, je réussissais toutefois à me libérer pour quelques minutes de mes démons. C’était mieux que de rester dans ma chambre à pleurer.»
Reconstruction du genou
Alors qu’il essayait de remonter la pente, le jeune ontarien a frappé un autre mur en mars 2011.
«Deux mois après son décès, je me suis détruit le genou gauche (déchirure des ligaments antérieur croisé et médian croisé). Il y a des moments où je me demandais pourquoi le mauvais sort s’acharnait sur moi. Il n’y avait pas une petite pluie fine qui tombait du ciel, c’était plutôt le déluge. J’ai eu des moments de découragement.»
Après une longue période de rééducation, Daultan a fait un retour au jeu pour les 21 derniers matchs de sa quatrième et dernière saison à Michigan State. Il n’a obtenu que neuf points, dont trois buts.