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Mars et avril

Amour et science fiction

Amour et science fiction
Photo courtoisie
Réalisé par Martin Villeneuve, le film de science-fiction Mars et Avril dépeint un Montréal futuriste étonnant.

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Rare incursion du cinéma québécois dans le domaine de la science-fiction, le film Mars et Avril prend enfin l’affiche vendredi, après avoir été porté difficilement pendant sept ans sur les épaules de son créateur, Martin Villeneuve. Retour sur un pari fou et ambitieux.

Rare incursion du cinéma québécois dans le domaine de la science-fiction, le film Mars et Avril prend enfin l’affiche vendredi, après avoir été porté difficilement pendant sept ans sur les épaules de son créateur, Martin Villeneuve. Retour sur un pari fou et ambitieux.

Martin Villeneuve vit avec l’univers de Mars et Avril depuis plus dix ans. Née d’abord sous la forme de deux photos-romans qu’il a publiés en 2002 et 2006, cette histoire d’amour campée dans un Montréal futuriste met en scène un populaire musicien septuagénaire (Jacques Languirand) qui découvre les joies de l’amour pour la première fois dans les bras de la jeune Avril (Caroline Dhavernas).

Le cinéma québécois avait déjà effleuré la science-fiction à quelques reprises avant. Robert Lepage l’avait fait subtilement avec La face cachée de la lune, tout comme Yves Simoneau avec Dans le ventre du dragon et Kim Nguyen avec Truffe.

«Ce que Mars et Avril apporte de nouveau, c’est que c’est un film très ambitieux sur le plan des effets visuels» signale Martin Villeneuve en entrevue au Journal.

«Il n’y avait pas encore eu de films québécois qui avaient autant de plans d’effets visuels (plus de 550).

«Cela dit, ce n’est pas un film de genre à la Star Wars où il y a des batailles aux épées laser. J’ai voulu faire un film plus poétique et philosophique, sans être plate. Je suis convaincu qu’il y a un public pour ce genre de film. Dans les festivals où on est allé présenter le film (Karlovy Vary en République tchèque, Calgary, Halifax), les salles sont pleines et les réactions sont très positives.»

« Je pense que le film suscite énormément de curiosité, parce que c’est une proposition encore inédite au Québec.»

Long parcours

Impossible de ne pas discuter avec Martin Villeneuve sans revenir sur le long et difficile parcours qu’il a dû parcourir pour mener à terme ce projet fou.

«Je me suis retrouvé à la barre d’un projet que tout le monde pensait impossible à faire, mais comme je ne savais pas que c’était impossible, je me suis lancé» résumait le réalisateur, jeune frère du cinéaste Denis Villeneuve, lors de la première mondiale de Mars et Avril, au Festival de Karlovy Vary.

C’est Robert Lepage - qui joue dans le film et qui apparaît dans les photos-romans - qui a été le premier à manifester le désir d’adapter l’univers des livres de Martin Villeneuve à l’écran. C’était en 2005...

«Il voulait faire un film dans le même esprit que La face cachée de la lune, raconte Villeneuve. Je trouvais l’idée tellement tripante que j’ai embarqué à point joint.»

Sauf que Robert Lepage a abandonné le projet peu de temps après, suggérant à Villeneuve de réaliser lui-même le film.

«Ça me tentait beaucoup, mais je trouvais cela vertigineux. J’avais 26 ans à l’époque. C’était clair depuis le début que ce serait un projet de longue haleine à cause de ce côté très ambitieux. Mais pas à ce point-là...»

Collaborateurs de renom

Au début, tout s’est passé normalement. Ce n’est qu’après avoir tourné son film, en 2009, que les embûches se sont pointées. Ayant dépassé son budget initial de son film tourné majoritairement sur fond vert, Martin Villeneuve a dû retourner en financement pendant un an pour trouver les sous pour les effets spéciaux (essentiels pour son film) et la postproduction.

Heureusement pour le jeune réalisateur, plusieurs collaborateurs de renom ont accepté d’apporter leur expertise au film avec beaucoup de temps et de générosité. Ce fut le cas notamment de la firme Vision Globale (pour les effets spéciaux), du réputé bédéiste belge François Schuiten (à la conception visuelle) et du compositeur Benoît Charest (musique).

«Je suis assez fier du résultat final du film» dit aujourd’hui Martin Villeneuve.

«Je crois que le film ressemble à l’ovni qu’il devait être. Je voulais le faire avec ces acteurs-là et si j’avais trop attendu, Jacques (Languirand) n’aurait peut-être pas pu être là. Je pense qu’il y a tellement eu d’amour qui a entouré le film pendant sa création que ça se sent à l’écran.»


Mars et Avril sera présenté jeudi en ouverture de la section Focus du 41e Festival du nouveau cinéma et prendra l’affiche le lendemain (le 12 octobre).

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