Actualité | Politique

Selon 62 % des Montréalais

Démission de Tremblay réclamée

Une forte majorité de Montréalais souhaite voir leur maire quitter ses fonctions à la suite des allégations faites devant la Commission Charbonneau

Sarah Bélisle

Sarah Bélisle @

Journal de Montréal, Publié le: | Mise à jour:

La chef de l'opposition officielle à l'hôtel de ville de Montréal, Louise Harel, invite le maire Tremblay à prendre ses responsabilités.

TVA Nouvelles

 

Près de 2 Montréalais sur 3 ­montreraient la porte au maire Gérald Tremblay à la suite des allégations de corruption à la Ville de Montréal faites devant la Commission Charbonneau, selon un sondage Léger Marketing effectué pour le compte du Journal.

«Oui, Tremblay devrait démissionner, convient l’éthicien, politicologue et professeur à l’UQAM Jean-Marc Piotte. Mais il va s’accrocher et continuer à faire ce qu’il fait depuis le ­début : nier qu’il y a un problème.»

«Disons que, s’il ne démissionne pas, ça va avec le personnage», ajoute Danielle Pilette, professeure spécialiste en gestion municipale et métropolitaine à l’UQAM.

Auquel cas, Mme Pilette estime que ce sera alors au gouvernement du Québec d’agir. Elle suggère qu’un ­comité indépendant soit chargé pour un temps de prendre les décisions ­relatives à l’administration et à ­l’octroi de contrats à la place des élus.

D’ailleurs, près de 1 Montréalais sondé sur 2 va jusqu’à souhaiter que la métropole soit tout bonnement mise sous tutelle par le gouvernement ­Marois.

Malgré tout, «ce n’est pas un taux (62 %) à tout casser de gens qui veulent la démission du maire», s’étonne la professeure.

«L’indignation, elle est là et elle est normale dans les circonstances, ajoute-t-elle. Il y a une majorité assez forte pour la démission, mais pas de consensus clair.»

Pourtant, les «révélations fracassantes» des derniers jours lui donnaient à penser qu’au moins 80 % des Montréalais auraient voulu chasser le maire de ses fonctions.

Ça pourrait notamment s’expliquer par l’absence d’un élu qui semble mieux placé pour lutter contre la ­corruption, que ce soit dans le parti du maire ou dans l’opposition, souligne Aubert Lavigne-Descôteaux, de Léger Marketing.

Système gangrené

«Les gens comprennent de plus en plus qu’il s’agit d­un système (de collusion et corruption) bien implanté, et que ça dépasse la simple personne de Gérald Tremblay, suggère le chargé de recherche. Il est peut-être coupable d’aveuglement, mais le blâme est plus large», estime-t-il.

Ainsi, il n’y a pas de doute dans la tête de 70 % des Montréalais inter­rogés que la corruption est érigée en système et est présente à tous les ­échelons.

 

Le déni de Jean Charest

Depuis quelques jours, les déclarations de Lino Zambito devant la Commission Charbonneau sont explosives. Elles révèlent les stratagèmes de corruption et de collusion qui lient la mafia, les entrepreneurs en construction et le parti du maire de Montréal. Pendant deux ans, entre les premières révélations et la commission, Jean Charest a pourtant refusé la tenue d’une enquête publique. Le Journal a compilé quelques déclarations que le premier ministre a faites entre 2009 et 2012.

«
Nous avons déjà posé des gestes  immédiats, plus efficaces qu’une  enquête dont les résultats prendraient plusieurs mois à se réaliser.»

– 2 décembre 2009

«
Encore faut-il qu’il y ait des  enquêtes policières pour aller au fond des choses. On ne peut pas poser des gestes à partir d’insinuations et  d’allégations. Il faut que ce soit posé à partir de faits concrets.»
– 4 décembre 2009
«
Le gouvernement a déjà posé des gestes très importants.»
– 4 décembre 2009
«
Par conviction, nous allons agir de manière à donner des solutions permanentes. Il faut des solutions permanentes. Une commission d’enquête, ce n’est pas [une solution] permanente. »

– 30 novembre 2010

«
Aucun gouvernement avant nous n’en a fait autant pour lutter contre la corruption et la collusion.»
– 16 septembre 2011
«
L’Unité permanente anti-corruption (UPAC), c’est la mesure la plus forte que nous pouvions déployer pour  venir à bout des problèmes qui sont soulevés.»
– 16 septembre 2011
«
Attention. Ça part dans toutes les directions. Soyons prudents. Le  gouvernement va réfléchir. Il faut  mesurer chaque choix, mesurer les conséquences.»
– 7 octobre 2011, après le Rapport Duchesneau
«
Moi, je suis rassuré sur une chose : le Parti libéral du Québec fait son financement correctement, selon les règles. On respecte les lois.»
– Juin 2012

Vos commentaires

En commentant sur ce site, vous acceptez nos conditions d'utilisation et notre netiquette.

Pour signaler un problème avec Disqus ou avec la modération en général, écrivez à moderation@quebecormedia.com.
Les commentaires sont modérés. Vous pouvez également signaler aux modérateurs des commentaires que vous jugez inappropriés en utilisant l'icône.

Commentaires propulsés par Disqus