CANNES -
De son propre aveu, François Arnaud était nerveux hier matin, quelques minutes avant d’entamer un important blitz de rencontres médiatiques.
Au MIPCOM pour promouvoir The Borgias, cette série d’envergure diffusée aux États-Unis sur Showtime depuis maintenant deux ans.
À Cannes depuis deux jours, François Arnaud devait s’envoler pour Budapest aujourd’hui puisqu’il tourne présentement dans la troisième saison de The Borgias. «Je suis en Hongrie depuis juin… et j’y serai jusqu’en décembre», a-t-il précisé.
Pour l’acteur, ce séjour cannois était tout sauf des vacances. Au moment de notre entretien, il ne prévoyait pas aller trinquer dans l’une des fêtes organisées sur la Croisette en soirée. «Je suis tellement claqué. On fait de grosses semaines… Je n’étais pas du tout préparé au MIPCOM. J’ai terminé ma semaine de tournage, j’ai mis trois ou quatre trucs dans une valise, pis je suis parti. À mon arrivée, j’ai vu la mer. Je n’en revenais pas! Tout ça va très vite.»
De mieux en mieux
Coproduction Irlande-Hongrie-Canada, The Borgias est sortie grande gagnante des Gemini Awards l’an dernier (le pendant canadien-anglais des prix Gémeaux) avec quatre prix. De plus, la série a remporté deux trophées aux plus récents Primetime Emmy chez nos voisins du sud.
«En 2010, quand on a commencé les tournages et qu’on parlait d’une possibilité de deux, trois ou même quatre saisons, je me disais : “Oh mon dieu, je vais être tellement tanné à la fin!” Mais au contraire. Quand on travaille avec la même équipe pendant autant de temps, un sentiment de confiance s’installe. Je n’ai jamais eu autant de plaisir. Vraiment.»
Aux dires d’Arnaud, la série – qui brosse le portrait des Borgia, une dynastie italienne d’origine espagnole célèbre pour ses hauts faits de corruption au 16e siècle – est comme un bon vin : elle s’améliore avec le temps.
«Quand tu fais un film, une fois que tu as quitté le plateau, c’est fini. On ne revient pas. C’est l’avantage de faire une série : les textes sont de mieux en mieux… Comme la réalisation et l’interprétation.»
«Faire The Borgias, ce n’est pas comme faire Dr House pendant quatre ans, où c’est le même épisode qui revient. Ici, j’ai l’impression de tourner un long film. C’est très stimulant.»
L’attention des médias
Une seule ombre au tableau, François Arnaud peine à gérer toute l’attention des médias… surtout quand vient le temps d’un événement comme le MIPCOM. «On ne s’habitue jamais. On se fait tirer à gauche, à droite… Ici, on doit changer de langue à chaque 10 minutes. Mais ça va. J’essaie de prendre ça en riant!»
François Arnaud a raison de sourire, car grâce aux Borgia, son étoile brille de plus en plus fort à Hollywood. Au printemps, il a d’ailleurs tourné dans Copperhead, un film américain réalisé par Ron Maxwell (Gods and generals, The Parent Trap II) dont l’action se déroule durant la guerre de Sécession.
«À Los Angeles, où je passe pas mal de temps, The Borgias m’a ouvert plein de portes. Je suis conscient que l’intérêt qu’on me porte est dû en grande partie aux Borgia. Je suis donc éternellement reconnaissant.»