NEW YORK | Même de l'autre côté de la flaque, à 6000 kilomètres de l'Hexagone, Johnny Hallyday était déjà en terrain conquis en montant sur scène à New York dimanche soir pour la première fois de sa longue carrière. Retour sur ce concert historique qui a fait pleurer bien des fans.
Je ne pense pas exagérer en disant que sa venue équivalait pour plusieurs spectateurs français au retour du Messie du rock sur terre. «Je n'arrêtais pas de pleurer, Johnny c'est toute la vie des Français, c'est toute mon enfance, je ne trouve pas les mots», a dit Jean-Christophe Setin, chef de cuisine français vivant à Tampa en Floride. «Je ne pensais jamais le revoir vivant sur scène», a-t-il ajouté ému.
«Les gens ici ne se rendent pas compte à quel point c'est une énorme vedette, c'est l'équivalent d'Elvis pour les Français», remarquait Xavier Guéry, Français établi à New York, à la sortie du théâtre.
Près de 2900 spectateurs ont assisté à ce concert de deux heures au Beacon, un bijou de théâtre datant de 1929, où les Rolling Stones se sont déjà produits.
La grande majorité du public était issue de la communauté française de New York. On estime qu'ils sont environ 75 000 à vivre dans l'État.
Certains spectateurs avaient fait le voyage depuis la France spécialement pour le spectacle. C'est le cas de Michel Werlé, 53 ans, venu du Havre. Il en était à son 110e concert de Johnny Hallyday. «Je fais des milliers de kilomètres pour le voir, c'est inexplicable. Je n'étais pas du tout inquiet qu'il soit affaibli», a-t-il dit par rapport à l'hospitalisation de la star dans les Antilles il y a cinq semaines à cause de problèmes respiratoires.
Deux jours après son passage au Centre Bell à Montréal, Hallyday a une fois de plus confirmé son statut de bête de scène. La voix était forte. «À 69 ans, il sonne encore comme sur le tourne-disque de mon enfance», a dit Jean-Christophe Setin. «Je l'ai trouvé en super forme», a dit pour sa part Jacki Letort, 60 ans, venu de l'Ardèche pour voir son idole. «On est là depuis une semaine juste pour ça, c'est ma première visite à New York.»
Durant la chanson Deux Étrangers, Hallyday, habillé en cuir de la tête aux pieds, s'est allongé à plat ventre sur la scène. Quand il a simulé pendant quelques secondes l'acte sexuel, la jeune spectatrice dans la rangée derrière moi était si hystérique qu'elle a abouti sur mon siège.
C'était d'ailleurs surprenant de voir ces jeunes fashionistas d'à peine 30 ans hurler les paroles de ses vieux succès, signe que son étiquette «d'idole des jeunes» est encore d'actualité. L'idole de certains jeunes du moins.
Hommage aux grands disparus
Dès son entrée en scène, les spectateurs étaient debout et le sont restés pendant la majorité du spectacle. «Jojo, on t'aime» a hurlé sans cesse un fan derrière moi.
Le spectacle a débuté avec Allumer le feu, il a ensuite enchaîné avec Quoi ma gueule, Quelque chose de Tennessee, L'Envie et Oh Marie. Il a rendu hommage au «gars qui m'a donné envie de chanter», Elvis, avec la chanson I'll never let you go. Il a aussi rendu hommage à son ami Michel Berger avec Diego libre dans sa tête. Le guitariste Mick Jones l'a rejoint à la fin du concert. Un peu plus tôt dans l'après-midi, Johnny https://twitter.com/JohnnySjh a partagé sur sa page Twitter une photo de Jimmy Page, qui lui a rendu visite en coulisse.
Homme de peu de mots, Hallyday fut bref dans ses commentaires. Il a plutôt laissé ses tubes parler pour lui et a conclu le spectacle, comme une prière, empruntant à Jacques Brel, Quand on a que l'amour.
► Le prochain album de Johnny Hallyday, L'Attente, sortira le 12 novembre prochain.