Alexandre Tagliani ne manque pas d’ambition quand il parle de la nouvelle saison qui débutera en mars en série IndyCar.
«Notre écurie a acquis beaucoup d’expérience à sa première année complète, d’affirmer le pilote de Lachenaie. Il faut maintenant passer à une autre étape, soit se battre pour le championnat.»
Le Québécois, qui aura 39 ans dans deux semaines, a un peu plus de cinq mois pour oublier la série de malchances qui a marqué la saison 2012.
«Je vous mentirais si j’affirmais que je suis satisfait de mes résultats, affirme Tagliani, qui a terminé au 17e rang du classement général. Mais il convient
de rappeler certains faits à ceux qui prétendent que j’ai connu une saison misérable.»
Faux départ
Le mot désastreux pourrait en effet décrire le début de son aventure à temps plein avec l’écurie Bryan Herta Autosport.
Une entrée en scène ternie par l’association avec le motoriste Lotus.
«Ce n’est pas compliqué, poursuit Tagliani, on a perdu notre temps à se battre en queue de peloton sans jamais progresser.»
Après avoir été limitée à un rôle de figuration pendant les trois premières épreuves du calendrier, l’écurie Bryan Herta Autosport a décidé de faire l’impasse sur l’étape suivante disputée au Brésil.
Ce forfait aura été bénéfique puisqu’elle a permis à Herta de rompre les liens avec Lotus et de signer une entente avec le motoriste Honda avant la présentation des 500 Milles d’Indianapolis, la course la plus importante de la saison.
«J’ai senti une nette amélioration dès mes premiers tours de roue à Indianapolis», reconnaît Tagliani.
Le pilote québécois n’a pas réussi à répéter son exploit de 2011 (où il avait obtenu la pole sur le célèbre circuit ovale), mais sa 12e place à l’arrivée, son meilleur résultat de la saison jusque-là, a fouetté l’équipe.
«J’ai su à ce moment que nous étions sur le droit chemin», dit Tagliani.
Par la suite, il a gagné en confiance, réussissant une fabuleuse pole au Texas et se taillant une place parmi les six plus rapides en qualifications (Fast six) lors de six des dix courses qui ont suivi l’Indy 500.
Mais, une série d’ennuis mécaniques, principalement, ont ruiné ses efforts en course.
«C’est dommage, car plus la saison avançait, plus on était dans le coup.»
Tagliani aurait pu finir la saison en beauté. À Fontana, la victoire était à sa portée, mais un casse-moteur, alors qu’il dominait le peloton, a mis fin à ses espoirs.
«Ce fut la plus grande déception de la saison. Quand je suis sorti de la voiture, j’étais complètement dévasté, me disant pourquoi ça n’arrive qu’à nous…»
Formalité
Tagliani n’a pas officialisé son entente avec Herta pour 2013, mais ce ne serait qu’une formalité. Au Grand Prix de Baltimore, son patron, Bryan Herta, en entrevue au Journal de Montréal, n’a pas caché que le Québécois était son homme.
«Il a prouvé, malgré nos moyens limités, qu’il est capable de malmener les meilleurs et je crois que l’an prochain, il sera encore plus compétitif.»
Des éloges sont aussi venus de son ingénieur, Todd Malloy, qui souhaite poursuivre la route avec Tagliani.
«Tag a fait des miracles cette année au volant d’une monoplace aux possibilités modestes. Ça fait longtemps qu’il est incapable d’exprimer tout son talent. Nous sommes convaincus qu’il peut réussir et je peux contribuer à ses succès.»
D’ici la première manche de la saison, prévue le 24 mars à St. Petersburg, en Floride, Tagliani prendra un peu de repos tout en multipliant les démarches pour trouver de nouveaux appuis financiers.
«L’attente sera longue», d’affirmer Tagliani, qui s’est envolé hier vers Las Vegas pour participer à une activité promotionnelle.
«Je n’ai jamais été aussi impatient de commencer la saison.»