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Chicane de famille

Lino Zambito affirme qu’il avait de très mauvais rapports avec Gilles Vaillancourt

Chicane de famille
Photo d’archives Gilles Vaillancourt

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L’entrepreneur Lino Zambito avait l’impression d’être persona non grata à Laval, à cause d’une vieille dispute de famille avec le maire Gilles Vaillancourt.

Les deux clans se détestaient tellement qu’il était hors de question qu’ils assistent ensemble aux mêmes événements, a raconté Lino Zambito la semaine dernière, lors de son témoignage devant la Commission Charbonneau.

Des révélations qu’il était impossible de diffuser à ce moment, en raison d’une ordonnance de non-publication qui a été partiellement levée ce mardi.

Selon l’ex-entrepreneur, les tensions remontent à plus d’une vingtaine d’années, à l’époque où l’oncle de Zambito, Jean Rizzuto, s’était présenté comme candidat à la mairie de Laval à la tête du parti Option Laval.

C’était en 1993, et Rizzuto avait alors subi une défaite sévère aux mains de son adversaire Gilles Vaillancourt, qui obtenait alors le deuxième de ses six mandats consécutifs à la tête de la Ville.

«Je pense que ça a été démontré que le maire Vaillancourt et mon oncle, ma famille, ce n’est pas l’amour fou. On ne s’invite pas aux mêmes banquets», a expliqué Zambito sous serment.

Courchesne et Vaillancourt

L’entrepreneur, par ailleurs, n’a pas mentionné Laval lorsqu’on lui a demandé de quelles villes il obtenait des contrats. Il a par contre nommé Montréal, mais aussi Sainte-Thérèse, Boisbriand, Rosemère, Mascouche, Deux-Montagnes, Saint-Joseph-du-Lac et Oka.

Les tensions ont pris une autre dimension durant l’organisation de la fameuse soirée de financement pour le Parti libéral du Québec (PLQ) du 31 janvier 2008, lors de laquelle Zambito a reconnu avoir lancé des invitations grâce à un stratagème de financement illégal basé sur des prête-noms.

Comme l’événement devait se tenir au Restaurant L’Unique, dans le marché 440, propriété de Jean Rizzuto, des organisateurs du PLQ auraient proposé que ce soit la ministre Michelle Courchesne qui y assiste, à titre de responsable de la région de Laval, plutôt que la vice-première ministre Nathalie Normandeau.

«C’est hors de question que moi j’organise quoi que ce soit pour Madame Courchesne parce que pour moi, Madame Courchesne c’est une proche, c’est une ministre, qui est proche du maire Vaillancourt», a affirmé Zambito.

Il a fallu que l’entrepreneur rencontre Marc Bibeau, président de la firme Schokbéton et présenté comme «le grand argentier du Parti libéral», pour qu’il puisse avoir gain de cause.

Bibeau aurait accepté et se serait même «engagé personnellement à parler à Madame Courchesne pour s’assurer qu’il n’y ait pas de différend».

Des tensions

Le froid entre les deux hommes était également palpable en août de la même année, alors que Zambito avait invité Nathalie Normandeau dans une loge du Centre Bell pour assister à un spectacle de Céline Dion. Vaillancourt et Courchesne se sont alors invités à l’entracte pour saluer la vice-première ministre.

«J’ai été présenté à Monsieur Vaillancourt que je connaissais, mais qui a fait comme s’il ne me connaissait pas», s’est rappelé Zambito.

Rappelons que la luxueuse résidence du maire de Laval a été l’objet de perquisitions de l’Unité permanente anticorruption (UPAC), la semaine dernière.

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