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Un cas problème connu

Les premières frasques déclarées de la matricule 728 remontent à 1998

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images radio-canada
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Force excessive, abus d’autorité et manque de respect : même si elle arborait toujours son badge et portait encore une arme à la ceinture mercredi, la policière Stéfanie Trudeau était connue comme un cas problème depuis 14 ans au SPVM.

«Comment se fait-il que quelqu’un qui a été repéré comme sautant une coche facilement, soit encore appelé à gérer des situations délicates?» questionne la criminologue Line Beauchesne de l’Université d’Ottawa, spécialiste des questions policières.

Mme Beauchesne pointe aussi du doigt les supérieurs de la policière. «Il me semble qu’on aurait dû entendre dans la conversation téléphonique «Oh calme toi, c’est pas une façon de parler!».

Le chef de la police de Montréal, Marc ­Parent, a assuré hier que l’encadrement de Mme Trudeau ainsi que les systèmes en place pour détecter et empêcher de tels comportements seront évalués en cours d’enquête.

La diffusion d’un reportage-choc de Radio-Canada, mercredi, montrant la policière au cœur d’une opération musclée, a de quoi faire retourner son père dans sa tombe.

Ce dernier, Pierre Trudeau, ex-directeur de la police de Saint-Hubert et ex-directeur de l’association québécoise des chefs de police et de pompiers du Québec, a aussi œuvré au sein du Comité de déontologie policière, dans le passé.

Ironiquement, Stéfanie Trudeau a elle aussi eu un lien avec cet organisme, mais plutôt pour son comportement inapproprié.

En 2001, elle a été suspendue sans solde six jours pour avoir adopté «une attitude agressive envers le personnel de l'Hôpital Sainte-Justine». Alors qu’elle enquêtait sur un cas d’agression sexuelle, Mme Trudeau s’en était prise à des infirmières qui lui demandaient de baisser le ton dans les corridors de l’hôpital pour enfants.

L’année précédente, en 2000, la policière a été accusée en déontologie policière par une citoyenne qui jugeait avoir été victime d’une force excessive et d’injures fondées sur sa couleur de peau. Le comité de déontologie avait toutefois jugé Mme Trudeau non coupable.

Puis, en 2003, le commissaire à la déontologie policière avait rejeté la plainte d’un autre citoyen pour des accusations similaires à l’égard de la matricule 728. La policière et sa coéquipière de l’époque avaient alors répliqué en poursuivant le plaignant en cour pour 7 000 $, cause qu’elles ont perdue.

Depuis la petite école

Stéfanie Trudeau traîne la réputation de personne violente depuis l’école primaire. Un de ses anciens camarades de l’école Saint-Michel à Brossard, puis de l’école secondaire Antoine-Brossard, se souvient d’elle comme d’une bagarreuse.

«Je regarde les images d’aujourd’hui et j’ai des flashbacks de quand on était à l’école. Elle était pareille. Elle se battait avec les gars. Elle parlait pareil. Elle était toujours en conflit», raconte l’homme aujourd’hui âgé de 40 ans sous le couvert de l’anonymat.

Ses camarades de classe lui avaient même attribué un sobriquet sur mesure : «Câlisse de tabarnak», en référence au langage ordurier qui était déjà le sien.

Dès sa jeunesse, on se questionnait sur les aptitudes qu’avait celle qui voulait suivre les traces de son père et devenir policière.

«C’était marqué sur son front», se souvient son ex-camarade, en constatant le pétrin dans lequel elle se trouve aujourd’hui.


  • Stéfanie Trudeau revenait tout juste d’un congé maladie qui a suivi les événements du printemps. Elle avait alors fait la manchette pour avoir poivré un manifestant pendant la crise étudiante.
  • Aux Jeux mondiaux des policiers et pompiers 2005 : Stéfanie Trudeau a remporté une médaille d’argent au couché-développé («Bench Press») dans la catégorie des 82,5 kg ou moins chez les 30 à 35 ans.
Ce qu'ils ont dit
«
L’agente ne mérite pas de porter l’uniforme du SPVM. »
– Louise Harel, chef de l’opposition à l’hôtel de ville
«
C’est une tache sur la Ville de Montréal. »
– Michael Applebaum, président du comité exécutif à l’hôtel de ville
«
(Ce sont des faits) carrément troublants et complètement inacceptables. »
– Marc Parent, chef du SPVM
«
Elle aurait pu facilement tuer. »
– Alfredo Munoz, ex-sergent au SPVM, fondateur de SOS Ticket
«
Il y a un niveau d’agressivité, un niveau de langage qui n’est peut-être pas approprié. »
– Stéphane Bergeron, ministre de la Sécurité publique
«
On est sous le choc. »
– Pierre Saint-Antoine, porte-parole de l’École nationale de police
Des propos choquants*
«
On a réussi à le menotter. Mais, pendant ce temps-là, tous les rats qui étaient dans l’appartement en haut, les gratteux de guitare, c’est toute des osti de carrés rouges. Des artistes osti. En tout cas, des mangeux de marde. Ils ont toute commencé à sortir de l’appartement, tsé. »
«
Je monte les marches. Je grab l’osti de cave. Là, le jeune est pogné avec l’osti de taouin dehors. [...] Là, je saute sur l’osti de trou de cul. »
«
Pendant ce temps-là, il y a une autre esti de conne, Une plateaunienne du nowhere, qui filme. »

«
C’est des osti de graines, de caves. Tout ça pour une bière, tsé. »

«
Ça va faire, rire de nous autres. Eille, tout ça pour une bière. Identifie-toé pis ferme ta gueule. Prend ton ticket, pis ta gueule, osti. »
Pierre trudeau
Père
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