Le père de Julie Surprenant se réjouit de l’ouverture démontrée par la coroner Catherine Rudel-Tessier en regard d’un éventuel registre public des délinquants sexuels.
Dans un rapport de 13 pages portant sur la mystérieuse disparition de l’adolescente, la coroner a reconnu qu’il s’agissait d’un débat épineux. «C’est un choix de société qui, s’il était remis en question, susciterait certainement des débats importants», a indiqué Mme Rudel-Tessier.
Réagissant hier à ce rapport, Michel Surprenant s’est montré satisfait par les constatations de la coroner.
«Ça devient une porte ouverte à savoir qu’il y a des débats à faire, dit-il. Je pense qu’elle a admis qu’il y a des problèmes qui sont litigieux, qui nécessitent de débattre», a dit M. Surprenant.
Se mettre en action
«Il y a une ouverture qui est là, et c’est à nous de la comprendre et de se mettre en action et d’aller faire des représentations à qui de droit», ajoute-t-il.
La coroner Rudel-Tessier s’est penchée sur la disparition de Julie Surprenant, 16 ans, dont on est sans nouvelles depuis le 15 novembre 1999, lors d’une enquête publique tenue en mars dernier.
On suspecte qu’elle a été enlevée et tuée en sortant de l’autobus, près de chez elle, à Terrebonne. (voir autre texte)
L’une des deux questions sur lesquelles s’est penchée la coroner est à savoir si on doit dévoiler l’identité des agresseurs sexuels.
Secret professionnel
«Le registre des prédateurs sexuels, pour moi, il doit être ouvert, dit M. Surprenant. Si on regarde en Ontario ou en Alberta, quand un agresseur est remis en liberté, les services de police vont aviser. La question que je me pose, c’est pourquoi on est encore à la traîne, ici, au Québec?»
Par ailleurs, la coroner s’est aussi intéressée à la question du secret professionnel qui lie le personnel médical. On se souviendra que peu avant sa mort, le suspect dans cette affaire a confessé son crime à une infirmière, sans que celle-ci ne le rapporte aux autorités.
Mme Rudel-Tessier croit qu’on devrait avoir une «réflexion approfondie» à savoir si on doit permettre au personnel médical de divulguer des informations, qui permettraient de résoudre un crime.
Elle préconise que le personnel puisse se référer à une personne désignée pour évaluer la nature et la portée des informations, et si elles peuvent ou doivent être dévoilées.