Écrasement

«C’était son rêve d’avoir un avion»

Jean Fournier est le seul survivant de l’écrasement de mardi en Ontario

Valérie Gonthier et Sarah Bélisle

Publié le: | Mise à jour:

Des quatre Québécois qui ont été victimes d’un écrasement d’avion mardi soir, en Ontario, un seul a survécu. «C’est le seul survivant et il n’a rien de cassé. C’est un miracle», laisse tomber la conjointe de Jean Fournier.

L’avion qui s’est écrasé appartenait à M. Fournier. Il venait tout juste de l’acheter, comblant ainsi un désir de longue date.

«C’était son rêve d’avoir un avion», raconte Claude Asselin, sa conjointe.

Jean Fournier est donc parti dimanche, en compagnie de son neveu, Yannick Fournier, de Michel Nadeau, le propriétaire de Nadeau Air Service, et d’un de ses mécaniciens, Bernard Mailloux, afin d’aller récupérer l’appareil en Alberta, et revenir à son bord à Trois-Rivières.

Son neveu faisait fonction d’interprète pour la transaction, alors que les deux autres devaient le conseiller en tant qu’experts. Tous les quatre sont de Trois-Rivières.

L’avion, un Lake 250 amphibie, s’est finalement écrasé lors d’une tentative d’atterrissage, vers 19h30, à Pickle Lake, dans le nord de l’Ontario (voir autre texte). Il semble que c’était Michel Nadeau qui pilotait.

Jean Fournier a survécu. Les trois autres occupants ont eu moins de chance que lui et sont décédés.

Miracle

Lorsque les policiers l’ont avisée du crash, tôt dans la nuit de mardi à hier, Claude Asselin savait qu’une seule personne avait survécu, mais elle ignorait de qui il s’agissait.

Ce n’est que plus tard qu’elle a appris que son conjoint était en vie. Malgré le soulagement d’apprendre qu’il était vivant, Mme Asselin s’est tout de même dite très inquiète.

«Je savais que les trois autres étaient décédés. Donc j’avais peur de voir dans quel état se trouvait Jean», lance-t-elle.

Elle a finalement réussi à lui parler hier matin. Malgré la force de l’impact, Jean Fournier s’en est tiré avec des blessures mineures.

«C’est un vrai miracle», ajoute-t-elle.

Au moment du passage du Journal, hier, à la résidence de Mme Asselin, elle s’apprêtait justement à prendre le prochain vol pour aller le rejoindre à Winnipeg, où il est hospitalisé. Elle a avoué être affligée par le décès de son neveu et des autres occupants de l’avion.

«Jean a emmené son neveu Yannick dans ce projet qui était son rêve... et lui, il est mort», dit-elle, visiblement troublée.

«On est la famille chanceuse... Mais il y en a trois autres qui le sont moins», se désole Claude Asselin.

Dur coup

Avec la mort de Michel Nadeau, un pilote expérimenté cumulant plus de 19 000 heures de vol, c’est un dur coup pour son entreprise, Nadeau Air Service.

Surtout que lundi, un avion-école de la compagnie s’est écrasé à Princeville, près de Victoriaville. L’appareil, un Piper Seneca, était piloté par un élève qui était accompagné d’un instructeur. Les deux hommes ont été blessés, mais leur vie n’est pas en danger.

Lourde perte

Si le neveu de Jean Fournier l’accompagnait pour l’aider au moment de la transaction, ce n’était pas lui qui devait partir pour ce voyage, au départ.

Yannick Fournier était en effet réticent à y aller puisqu’il souhaitait passer la fin de semaine en famille, raconte Johanne Paquin, serveuse chez Maman Fournier, un restaurant dont le jeune homme de 27 ans était un des actionnaires. L’atmosphère y était d’ailleurs bien lourde hier, lors du passage du Journal

«C'est difficile pour nous aujourd'hui de travailler. C'est une grosse perte», a dit Gaétanne Tremblay, une serveuse, qui connaissait la victime depuis 10 ans.

Avec la collaboration de l’Agence QMI

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