Sept mois après l’annonce de l’embauche de quatre évaluateurs de plus pour inspecter les CHSLD, seulement deux des quatre postes disponibles ont été comblés.
Deux évaluateurs ont été embauchés en septembre dernier, et sont présentement en formation.
Or, le ministère de la Santé et des Services sociaux a dû procéder à un deuxième affichage d’emploi récemment, pour combler les deux autres postes.
Candidats rares
«On n’avait pas trouvé quatre candidats qui remplissaient les critères la première fois, indique la déléguée aux communications du Ministère, Nathalie Lévesque. Mais, ce n’est pas simple. Les candidats sont plutôt rares.»
En mars dernier, Dominique Vien, la ministre déléguée aux Services sociaux de l’époque, avait réagi aux reportages du Journal sur la mauvaise qualité des soins aux personnes âgées en résidence.
Elle avait alors notamment annoncé l’embauche de quatre évaluateurs de plus pour inspecter les centres d’hébergement de soins de longue durée (CHSLD), pour un total de six.
424 inspections
Selon le Ministère, le profil des candidats potentiels est assez précis.
Les gens doivent notamment avoir une expertise en évaluation de milieux de vie et auprès des personnes âgées, et connaître le réseau de la santé.
En mars dernier, la ministre Vien a aussi annoncé une tournée générale des 424 résidences pour personnes âgées du Québec en deux ans.
Nathalie Lévesque confirme que cet objectif est toujours dans la mire du Ministère.
Les visites débuteront quelque part cet automne, dès que les six évaluateurs seront en poste.
«C’est l’objectif qui est visé et, dès que les gens seront formés, on va accélérer le rythme des visites.»
« Ça en prendrait le double »
Or, cet objectif semble ambitieux, si on considère que seulement 33 CHSLD ont été visités en 2011-2012.
«Ce n’est pas assez six inspecteurs, ça en prendrait le double, indique le porte-parole de l’Association québécoise des retraité(e)s des secteurs public et parapublic, Mathieu Santerre. À cette vitesse-là, ça va prendre quatre ans. Ce n’est pas acceptable.»
«Ce n’est pas sérieux», croit aussi Paul Brunet, président du Conseil de la protection des malades.
«Et ces évaluateurs bureaucratisent les inspections. On craint que les fonctionnaires n’aient pas l’indépendance nécessaire pour faire le travail avec un regard critique.»
Par ailleurs, certaines mesures annoncées au printemps dernier sont déjà en place.
Ainsi, les évaluateurs ne préviennent plus les résidences de leur venue 24 heures à l’avance, et la nourriture servie aux résidents est goûtée pour en évaluer la qualité.
► Hier, le Journal révélait que plusieurs lacunes, notamment au niveau de la qualité des repas servis aux résidents, ont fait l’objet de recommandations dans les 33 rapports d’inspection de la dernière année.