BERLIN | Après avoir roulé sa bosse dans les rangs junior et dans la Ligue américaine de hockey notamment, Sylvain Rodrigue s’est déniché pas un, mais bien deux emplois en Europe.
L’ancien gardien des Saguenéens de Chicoutimi et des Foreurs de Val-d’Or s’est orienté vers l’enseignement.
Nous l’avons rencontré après l’entraînement matinal des Ours de Berlin hier matin.
«J’adore mon expérience avec cette équipe, a dit l’entraîneur des gardiens âgé de 39 ans. Je me sens privilégié de faire partie d’une organisation aussi prestigieuse.»
Pour gagner sa vie convenablement, le Montréalais doit partager son temps entre l’Allemagne et la Suisse. Il cumule la même fonction avec la formation du HC Fribourg Gotteron.
«Les emplois à temps plein dans mon domaine sont très rares, reconnaît-il. Mon agenda est chargé, mais je m’y fais.»
«Je reste à Berlin une semaine par mois pour superviser le travail des gardiens des Ours, après quoi, je séjourne en Suisse pendant dix jours.
«Je rentre ensuite au Québec pour revoir la famille, tout en analysant à distance le rendement de mes deux équipes en Europe. Et on recommence le mois suivant.»
Courtisé par les Oilers
Rodrigue a été approché par les Oilers d’Edmonton pour seconder Frederic Chabot dans son rôle d’entraîneur des gardiens.
«Bon nombre d’équipes de la LNH font appel à des consultants comme moi pour superviser le travail des jeunes gardiens de leur organisation», dit Rodrigue.
«J’ai rencontré les dirigeants des Oilers en juin dernier et je leur ai démontré mon intérêt, poursuit-il. Mais le lock-out a tout remis en question. Je dois maintenant patienter avant de savoir si mes services seront requis.»
Influence positive
Comme tous les membres de la direction des Ours de Berlin, Rodrigue se réjouit de l’acquisition de Daniel Brière et de Claude Giroux.
«C’est comme un cadeau du ciel, a indiqué Rodrigue. Ils ont fait sentir leur présence dès leurs premiers coups de patins. Les jeunes sont épatés de les voir sur la patinoire. Ce sont des modèles d’inspiration pour nos espoirs.
«Regardez ce qu’ils ont fait à leur deuxième match. Brière a marqué trois fois grâce à la contribution de Giroux. Ils ont été dominants.»
Affligés par les blessures, les Ours n’ont pas hésité à faire appel à des vedettes de la LNH.
«Il y a tellement de joueurs sur la touche au sein de notre équipe, d’indiquer Rodrigue, que deux de nos joueurs d’avant ont été mutés à la défense.
«Contrairement à ce que plusieurs pensent, ils ne sont donc pas des voleurs d’emploi, dit-il. D’autant plus que la Ligue allemande permet aux équipes du circuit d’accepter dix joueurs étrangers dans leurs rangs. Nous avions de la place pour les accueillir.»
Cette règle diffère d’un pays à l’autre.
En Suisse, par exemple, seulement quatre joueurs provenant de l’extérieur du pays sont autorisés à jouer pour une équipe locale.
• Sylvain Rodrigue n’a jamais été repêché par une formation de la LNH, mais il a participé au camp d’entraînement des Blues de Saint Louis en 1992, sans toutefois percer l’alignement.
Des athlètes bien traités
En Allemagne, les joueurs de hockey ne gagnent pas des millions de dollars comme dans la Ligue nationale de hockey. Les plus hauts salariés peuvent toucher environ 800 000 $ par année. En contrepartie, les équipes leur fournissent voiture et hébergement tout en acceptant de verser au gouvernement la portion imposable de leur revenu.
Un propriétaire connu
Les Ours de Berlin appartiennent à l’homme d’affaires américain Philip F. Anschutz, qui est également propriétaire des Kings de Los Angeles et d’une autre formation de la ligue allemande de première division, les Freezers d’Hambourg.
Séjour fructueux de Pierre Pagé
L’ancien entraîneur en chef des Nordiques de Québec, Pierre Pagé, a contribué à faire des Ours de Berlin une des puissances de la Ligue allemande. Sous ses ordres, l’équipe a raflé deux championnats, en 2002 et 2007. L’ancien joueur de la LNH, Don Jackson lui a succédé à la barre de l’équipe en 2008. Il est secondé par Vince Malette, qui a notamment dirigé les Petes de Peterborough, dans la ligue de hockey junior majeur de l’Ontario.
Pas d’entrevues dans les vestiaires
Contrairement à la méthode préconisée en Amérique du Nord, les journalistes ne sont pas autorisés à pénétrer dans les vestiaires en Allemagne.
Les joueurs accordent des entrevues à leur sortie de patinoire dans ce qui est communément appelé la «zone mixte». On reprend donc la formule utilisée lors d’épreuves internationales comme les Championnats du monde ou les Jeux olympiques.