PARIS - Lance Armstrong, lâché par Nike et plusieurs autres commanditaires la semaine dernière, a perdu lundi un autre partenaire, la marque américaine de lunettes Oakley qui a rompu son contrat en raison de l'annulation de ses sept victoires sur le Tour de France pour dopage.
«En se basant sur la décision de l'UCI (Union cycliste internationale) aujourd'hui (lundi) et sur les preuves accablantes présentées par l'Usada (agence antidopage américaine), Oakley a mis fin à sa relation de longue date avec Lance Armstrong, de manière immédiate», déclare le lunettier dans un communiqué.
L'entreprise précise néanmoins qu'elle «continuera à soutenir» la Fondation Livestrong, fondée par Lance Armstrong pour venir en aide aux malades du cancer.
Mercredi dernier, l'équipementier Nike, partenaire d'Armstrong depuis 1996, avait été le premier sponsor à rompre avec l'ancien cycliste. Le fabricant de cycles Trek, le brasseur Anheuser-Busch, une société de boisson énergétique (FRS), une compagnie de nutrition sportive (Honey Stinger) et le fabricant des casques Giro ont ensuite également quitté le navire Armstrong.
Une sanction qui pourrait coûter cher
L'annulation pour dopage de tous les résultats de Lance Armstrong depuis août 1998, y compris ses sept victoires dans le Tour de France, pourrait coûter cher à l'Américain, dont la fortune est évaluée à une centaine de millions d'euros.
Primes de victoires à rembourser?
Après le verdict de l'Union cycliste internationale (UCI) lundi, le patron du Tour de France, Christian Prudhomme, a souhaité qu'Armstrong rembourse ses primes gagnées sur la Grande Boucle, d'un montant de «près de 2,950 millions d'euros [3,83 millions $]» selon la Fédération française de cyclisme.
Le comité exécutif de l'UCI se penchera vendredi sur cette question.
L'article 1.2.073 du règlement de l'UCI prévoit que «si un coureur ou une équipe perd la place qui lui a valu un prix, le prix doit être restitué dans le mois suivant à l'organisateur, qui procédera à sa redistribution».
Litiges rouverts?
Armstrong pourrait aussi devoir rembourser les 7,5 millions $ gagnés en 2006 après un long bras de fer judiciaire avec l'assureur SCA Promotions, auprès duquel il avait misé sur ses victoires dans le Tour.
Devant les soupçons de dopage visant le coureur, la société texane avait tenté d'obtenir le remboursement de ces primes, de 5 millions $. Mais la transaction s'était conclue à l'avantage d'Armstrong, qui avait encaissé la totalité de ces bonus et 2,5 millions $ supplémentaires en intérêts et frais de justice.
SCA Promotions veut récupérer son argent maintenant que l'Américain a officiellement été privé lundi de ses titres.
«M. Armstrong n'est plus un vainqueur officiel du Tour de France et par conséquent il est inapproprié et abusif de sa part de conserver les primes versées par SCA», a indiqué à l'AFP par téléphone Jeffrey Dorough, un responsable juridique de cette société basée au Texas.
Après la publication du rapport de l'Usada détaillant le système de dopage organisé autour d'Armstrong, le Sunday Times a pour sa part annoncé mi-octobre qu'il envisageait de poursuivre le Texan pour fraude. En 2006, l'hebdomadaire britannique avait dû verser quelque 600 000 livres pour mettre un terme aux poursuites engagées par Armstrong, après la publication d'un article l'accusant de s'être dopé.
Nouvelles amendes?
Dans son rapport, l'Usada, pointant notamment des liens avec le sulfureux docteur Ferrari réfutés par Armstrong, évoque «des fausses déclarations sous serment... relevant du parjure». Un tel délit est passible de jusqu'à 30 ans de prison et 1,5 million $ d'amende.
La perte des commanditaires
La semaine dernière, l'équipementier Nike, partenaire d'Armstrong depuis 1996, a rompu son contrat avec l'ancien cycliste. Le fabricant de cycles Trek, le brasseur Anheuser-Busch, une société de boisson énergétique (FRS), une compagnie de nutrition sportive (Honey Stinger), le fabricant des casques Giro et celui de lunettes Oakley, lundi même, ont également quitté le navire Armstrong.
La revue américaine Forbes, qui avait évalué à 21 millions $ les revenus d'Armstrong liés à ses sponsors et ses conférences en 2010, estime que la perte de ses commanditaires pourrait entraîner un manque à gagner de plus de 150 millions $ pour l'Américain.
Des dons à rembourser?
Quelques donateurs de la fondation Livestrong, créée par Armstrong pour lutter contre le cancer, ont demandé à être remboursés depuis la publication du rapport de l'Usada.
Mais les plus gros contributeurs, comme Nike, qui verserait 8 millions $ par an à la fondation d'Armstrong selon la presse américaine, ont annoncé qu'ils continueraient à la financer. En près de 15 ans, Livestrong affirme avoir collecté près de 500 millions $ de dons.