Une mère de famille ne comprend pas comment son fils a pu monter une facture monumentale de 630$ en trois jours… après s’être procuré un jeu payé 4,99$ sur iTunes.
«Ça n’a aucun bon sens», peste Annie, un mois après sa mésaventure.
Fin septembre. La mère, qui préfère taire son nom de famille, achète le jeu Clash of Clans pour son garçon de 11 ans, un jeu de guerre.
«On m’a demandé trois fois mon mot de passe pour télécharger un jeu de 4,99$ pour mon fils de 11 ans et ensuite il a acheté sans le savoir pour 630$ de cossins, sans même qu’on demande de mot de passe», ajoute Annie.
Ce 630$ se décline en pas moins de 63 transactions de 10$ effectuées dans les trois jours qui ont suivi cet achat. Chaque fois, le bambin se procure un sac de pierres précieuses à échanger contre des armes plus puissantes, des bâtiments plus résistants, une armée plus forte.
Chaque fois, l’enfant de 11 ans ne sait pas qu’il joue avec de l’argent véritable.
Des « achats intégrés » ?
Comment la chose peut-elle être possible? Quand elle contacte Apple, elle se fait répondre par le service à la clientèle qu’il s'agit d’achats intégrés.
«Les achats intégrés ne passent pas par le biais de l'App Store. Votre mot de passe n'est pas demandé.»
En résumé, le jeu vient de l’App Store, mais pas les pierres précieuses du même jeu. Et son iPad est réglé par défaut à une fonction permettant de télécharger sans mot de passe ces pierres précieuses pendant les 15 min suivant le téléchargement du jeu.
Pas dans l’App Store, soit. Mais l’employée du service à la clientèle d’Apple prend quand même le temps de lui expliquer comment activer la protection dans les réglages… de son iPad. Tant mieux pour les prochaines fois, mais là, le mal est déjà fait, et la facture est salée.
«Je ne peux quand même pas être au-dessus de l’épaule de mon fils constamment. Ce genre de transaction, surtout pour un jeu d’enfant, ne devrait pas être possible», dénonce la mère de famille.
Illégal
Une opinion partagée par Me Yannick Labelle, avocate à l’Union des consommateurs.
«Cette façon de faire contrevient à une tonne de dispositions de la Loi sur la protection du consommateur», dit-elle, dont l’omission de faits importants et le coût d’achat non divulgué.
D’ailleurs, on ne retrouve plus ce type de problème dans la version 4 de l’iPad. «Ce qui est pour moi une forme d’admission de faute», estime Me Labelle. Pour ceux qui détiennent des versions antérieures, le problème demeure entier.
Nous avons voulu obtenir les explications d’Apple Canada, qui n’a pas répondu à nos demandes d’entrevue.