Le Mouvement Québec français a déploré «un déclin considérable» du français à la suite de la publication des données du Recensement 2011 par Statistique Canada, mercredi.
Celles-ci relèvent notamment que le français se parle de moins en moins à la maison à Montréal.
Depuis 1986, le français en tant que langue d’usage à la maison est passé de 61,8 % à 53 %, et le pourcentage de francophones de langue maternelle à Montréal est descendu sous la barre des 50 %.
«Depuis une centaine d’années, ce n’était jamais descendu en dessous des 60 %», a indiqué Mario Beaulieu, président du Mouvement.
«Entre 1996 et 2011, le nombre de personnes qui ont adopté l’anglais comme langue d’usage sur l’île de Montréal est de 26 879 personnes. Ceux qui ont opté pour le français ne sont que 1943, a dit Pierre Curzi, ancien porte-parole en matière de langue au Parti québécois, lors d’un point de presse. Il y a une différence d’environ 25 000 personnes. Ce sont des francophones ou des allophones qui ont adopté l’anglais, alors que proportionnellement, on s’attendrait à ce que ce soit le contraire. C’est un phénomène de déséquilibre linguistique.»
«L’anglicisation se poursuit», a résumé M. Curzi.
L’anglais parlé à la maison a pour sa part connu une légère hausse sur l’île, de même que les transferts linguistiques bruts vers le français.
«Selon les chercheurs Marc Termote et Charles Castonguay, cette légère augmentation reflète en grande partie la sélection des immigrants qui sont déjà francisés. De plus, plusieurs allophones qui choisissent l’anglais comme langue de transfert quittent le Québec, ce qui laisse voir une augmentation artificielle des transferts linguistiques.»
Selon les données du Recensement 2011, le français a aussi reculé dans tout le Québec chez les francophones de souche. De plus, la population québécoise devient de plus en plus bilingue, voire multilingue.
Enfin, le poids relatif des francophones a diminué au sein de la population canadienne, passant de 22,1 % en 2006 à 21,7 % en 2011.