Il semblerait que les joueurs russes de la Ligue nationale de hockey aient ouvert leur propre guerre.
Il n’y a presque pas une journée qui passe sans qu’une vedette de la KHL émette un commentaire incendiaire à l’endroit de la LNH, évoquant habituellement leur intention de rester en Russie si la nouvelle convention collection ne respecte pas les contrats déjà signés. Alexander Ovechkin et Ilya Kovalchuk ont beaucoup vociféré sur le sujet alors que, récemment, Ilya Bryzgalov et le défenseur du Canadien Andrei Markov en ont également fait mention. Markov a tenu à rectifier le tir disant qu’il reviendrait assurément à Montréal une fois le lock-out terminé.
Kostitsyn s’en mêle
La semaine dernière, un ancien joueur du Tricolore est allé encore plus loin. L’attaquant bélarussien Sergei Kostitsyn, qui joue présentement pour l’Avangard de Omsk en Sibérie, a donné une entrevue au journaliste Yuri Golyshak de Sport-Express, lors de laquelle il a affirmé vouloir que le lock-out perdure pour le reste de la saison régulière.
«Ce serait mieux que le lock-out se poursuive, a souligné le joueur des Predators de Nashville. Les joueurs de la LNH sont tourmentés par cette décision. Nous voulons des certitudes. Si le hockey nord-américain en souffre, alors qu’il en soit ainsi.»
Kostitsyn en a rajouté disant que sa Porsche est la seule chose qui lui manque à propos de l’Amérique du Nord. Il a par la suite dit de Columbus qu’elle est la ville la plus «sombre», que les Américains ont une «mentalité complètement différente de nous» et convenu, à l’instar d’Ilya Bryzgalov, que les États-Unis est «un pays de mensonges».
Histoire entendue à Nashville
The Tennessean, un journal de Nashville, a immédiatement entrepris un suivi sur toute cette histoire. Kostitsyn a affirmé qu’il a été mal cité, une réplique souvent entendue des joueurs européens après qu’ils eurent donné des entrevues dans leur pays d’origine. Golyshak, un des journalistes les plus lus et respectés de Russie, a commenté cette nouvelle version des commentaires du joueur bélarussien, disant qu’il est étrange que les Russes ne pensent jamais que leurs mots peuvent être traduits en Amérique du Nord. Il a ajouté qu’il ne blâmait pas Kostitsyn. «Laissons l’Amérique entendre ce qu’elle veut entendre», a affirmé le journaliste.
Toutefois, l’affaire Kostitsyn ne semble qu’être la pointe de l’iceberg. Certains joueurs russophones utiliseraient une forte rhétorique anti-LNH et anti-Amérique du Nord, dont le fait que plusieurs journalistes posent leurs questions de façon à générer des manchettes favorables à la KHL. Plusieurs formations de la KHL voient d’un bon œil le fait de cultiver la croyance que des joueurs de la LNH resteront en Russie. Et ce n’est pas un secret que de révéler que plusieurs médias russes d’importance ont des «ententes de publicité» avec la KHL, en ne diffusant que des histoires bonnes pour l’image de la ligue.