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Le virage carnivore choque

La chaîne végétarienne québécoise crée un précédent en 35 ans d’histoire

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La chaîne végétarienne a soulevé tout un tollé hier en annonçant l’introduction de crabe, de crevettes et, sacrilège, de poulet dans ses huit restaurants.

La chaîne végétarienne a soulevé tout un tollé hier en annonçant l’introduction de crabe, de crevettes et, sacrilège, de poulet dans ses huit restaurants.

L’entreprise de La Prairie voulait frapper un grand coup dimanche, lorsqu’elle a annoncé cette petite révolution dans une publicité diffusée en plein cœur de la populaire émission Tout le monde en parle.

Quelques heures plus tard, ils étaient près de 200 à se défouler sur le site Facebook du Commensal, pour dénoncer la décision de la chaîne d’introduire du poisson et de la viande blanche à son menu.

«Vous ne représentez plus du tout mes valeurs. Ce n'est pas une évolution, c'est une régression», a lancé l’une d’elles.

Au Commensal, on dit plutôt s'être ajusté à la demande.

«De plus en plus de végétariens mangent un peu de viande. Nous voulons refléter cette tendance», répond Pierre Marc Tremblay, président et propriétaire du Commensal, rencontré hier à la succursale de la rue Sainte-Catherine, à Montréal.

Désormais, le Commensal se présente comme «flexitarien», soit un végétarisme flexible.

«Le flexitarisme? Une vraie blague. Tant qu'à ça, tous les restos sont flexitaristes, même McDo avec ses salades!» a ­répondu une autre cliente déçue.

«Le flexitarisme n'est pas nouveau», ajoute au Journal la nutritionniste ­Stéphanie Côté. La vraie tendance, ce sont les carnivores qui diminuent un peu leur consommation de viande.»

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«Est-ce que vous manquiez de clientèle pour ajouter la viande?» râle d’ailleurs une autre cliente sur le site Facebook de la chaîne.

«Depuis quatre ans, nous avons perdu entre 10 et 20 % de nos clients. Il a fallu réagir», répond M. Tremblay.

En accommodant les carnivores ainsi que «les végétariens à temps partiel», comme les qualifie Stéphanie Côté, il espère donner un second souffle aux huit restaurants.

L'homme d'affaires, lui-même carnivore, n'a pas pris cette décision sur un coup de tête.

Avant d’aller de l’avant, il a testé discrètement le concept pendant six mois dans la franchise de Boucherville.

«Aujourd'hui, 76 % de ces clients ajoutent du poulet ou des crevettes dans leur assiette», dit-il avec confiance.

Du plus souple
au plus radical
Flexitarien — Végétarien flexible. Mange un peu de viande, par exemple quand il est invité chez des amis.
Végétarien — Accepte de manger les produits d'origine animale, comme les œufs, le lait ou le miel.
Végétalien — Ne mange aucune viande, aucun poisson ni aucun produit d'origine animale.
Véganien — Végétalien radical. Il dénonce la cruauté envers les animaux ou l’utilisation de la soie.
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