guy turcotte | justice

Trois ans et demi plus tard...

Guy Turcotte pose avec un bébé durant une fête familiale où l’Institut Pinel lui a permis d’aller

CA_EricThibault

Éric Thibault @

Journal de Montréal, Publié le: | Mise à jour:

Guy Turcotte

photo courtoisie

Guy Turcotte

 

Souriant, Guy Turcotte pose fièrement avec un bébé dans les bras sur des photos prises lors d’un rassemblement familial, le 30 septembre dernier, loin de l’Institut Pinel.

Ces premières images de l’ex-cardiologue depuis le drame du 20 février 2009, le Journal les a trouvées sur un site Internet. Un membre de sa famille a cru bon d’y partager des clichés pris durant cette fête au domicile des parents de l’homme de 40 ans, à Saint-Hubert.

L’hôpital psychiatrique — où il est détenu depuis son verdict de non responsable pour les meurtres de ses enfants, en juillet 2011 — l’autorise à se rendre dans sa famille dans le cadre des droits de sortie sans escorte dont il bénéficie depuis peu de temps.

L’air détendu avec sa barbe de quelques jours, il apparaît en compagnie du bébé d’une de ses sœurs sur deux photos. Guy Turcotte y semble à des lunes de l’homme qui relatait son inconfort viscéral en présence d’enfants, au cours des mois suivant les décès de son fils Olivier, 5 ans et de sa fille Anne-Sophie, 3 ans, qu’il a poignardés à 46 reprises.

«Je n’étais même pas capable de voir des enfants à la télé», disait-il devant la Commission d’examen des troubles mentaux, le 12 décembre dernier. Il ajoutait qu’il ne se sentait «plus comme ça».

Un frère et une sœur de Turcotte avaient témoigné devant ce même tribunal administratif, au printemps, qu’ils n’auraient aucune crainte de le voir avec leurs enfants s’il était remis en liberté.

Autre essai en décembre

La Commission avait décidé, le 5 juin, de le garder détenu à l’hôpital psychiatrique au moins jusqu’à la fin de 2012. Les commissaires l’estimaient «très fragile» et s’inquiétaient d’un «risque réel de rechute» en raison de sa résistance aux thérapies vainement proposées par les spécialistes de l’Institut Pinel.

Turcotte aura une nouvelle chance de demander à la CETM de le libérer sans condition, le 12 décembre. Le tribunal évaluera alors si l’ex-cardiologue représente toujours un risque pour la société.


• «Je m’attendais que ce jour-là viendrait», a laissé tomber l’urgentologue Isabelle Gaston, qui a préféré ne pas commenter les permissions de sortie accordées à son ex-conjoint, auxquelles elle s’opposait parce qu’elle craint pour sa sécurité. Turcotte s’est vu interdire de la contacter, elle et son nouvel amoureux.

Quelques dates marquantes

 

20 février 2009

À Piedmont, quelques semaines après sa rupture avec son ex-conjointe Isabelle Gaston, Guy Turcotte, qui souffrait alors d’épisodes anxieux et dépressifs, ingurgite du lave-glace afin de se suicider et décide finalement d’amener ses deux enfants dans la mort en les poignardant.

5 juillet 2011

À Saint-Jérôme, dans un verdict choc rendu au terme d’un long procès, Turcotte est déclaré criminellement non responsable des meurtres de ses enfants pour cause de troubles mentaux. Écartant la thèse de la vengeance et de la colère soumise par la Couronne, le jury de 11 personnes croit plutôt que le jugement de l’ex-cardiologue était perturbé au point où il ne savait plus ce qu’il faisait.

22 juillet 2011

La Couronne porte l’affaire en Cour d’appel et réclame la tenue d’un nouveau procès. Elle plaide maintenant que le juge du procès n’aurait pas dû soumettre le verdict de non-responsabilité au jury parce que Turcotte s’est intoxiqué au méthanol de façon volontaire.

5 juin 2012

La Commission d’examen des troubles mentaux refuse de le libérer de l’Institut Pinel, mais lui accorde des droits de sortie avec ou sans escorte.

20 octobre 2012

Le juge du procès, Marc David, crée un précédent judiciaire en ordonnant que l’ADN de Turcotte soit fiché dans la Banque nationale de données génétiques, avec celui de 300 000 criminels du pays, même s’il n’a pas été déclaré coupable des crimes reprochés.

Guy Turcotte

photo Courtoisie

Guy Turcotte essuie délicatement la bouche du bébé de sa sœur, chez ses parents, il y a un mois. Des photos de cette fête familiale ont récemment été diffusées sur un site Internet par un de ses proches.

Vos commentaires

En commentant sur ce site, vous acceptez nos conditions d'utilisation et notre netiquette.

Les commentaires sont modérés. Vous pouvez également signaler aux modérateurs des commentaires que vous jugez inappropriés en utilisant l'icône.

Commentaires propulsés par Disqus