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Montréal lente à réagir

La Ville a mis cinq ans à installer des mesures anti-corruption et anti-collusion

Mélanie Colleu

Mélanie Colleu @

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Montréal lente à réagir

Photo d’Archives

La Ville de Montréal savait depuis 8 ans qu’elle payait 30 à 40 % de plus qu’ailleurs au Québec pour la réalisation de travaux publics.

La Ville de Montréal admet avoir tardé à réagir aux soupçons de collusion et de corruption, faisant ainsi perdre plusieurs millions de dollars aux contribuables.

En poste depuis quelques mois, le directeur général de la Ville, Guy Hébert, assure que Montréal paie désormais ses travaux d’infrastructures au juste coût, sans laisser de place aux extras injustifiés ou aux pots-de-vin.

«On pense qu’il y a suffisamment de contrôles et qu’aujourd’hui, nous sommes au prix du marché», explique-t-il.

Un premier rapport datant de 2004 et dévoilé par le Journal lundi a jeté un pavé dans la marre à l’Hôtel de Ville de Montréal.

Il révèle que la métropole payait entre 30 et 40 % plus cher pour ses travaux d’infrastructures que les autres villes au Québec.

Et ce n’est que cinq ans plus tard que les premières mesures pour lutter contre les pratiques de collusion et de corruption ont été mises en place.

«C’est long, je suis d’accord», a admis Guy Hébert.

Accompagné du contrôleur général Alain Bond, le plus haut fonctionnaire de la Ville a présenté hier matin aux médias le fameux rapport de 2004, mais aussi cinq autres qui lui ont succédé et qui ont finalement amené l’administration à surveiller de plus près l’octroi de ses contrats publics.

Rapport « déclencheur »

M. Hébert explique que les résultats obtenus en 2004 ont été l’élément déclencheur de plusieurs enquêtes.

«On peut dire qu’ils ont allumé des lumières rouges», résume le directeur général de la Ville.

Cette étude, dont on n’avait pas entendu parler avant qu’il n’en soit question devant la commission Charbonneau, dénonce aussi le manque d’ouverture du marché montréalais.

«Ce sont toujours les mêmes entrepreneurs qui se partagent l’exécution des travaux, ce qui explique les coûts élevés», peut-on lire, sans qu’on ne mentionne pour autant des pratiques de collusion.

Ce mot apparaît pour la première fois dans une étude interne réalisée en 2006, qui préconise textuellement : «de mettre sur pied un système de prévention et de détection de collusion, de fixation de prix, de fraude, de conflit d’intérêts et d’actes illégaux.»

Mais l’administration municipale martèle que ces rapports n’ont à aucun moment révélé clairement l’existence de mécanismes de corruption ou de collusion.

Le maire « surpris et fâché »

La question à savoir si l’ancien maire de Montréal était au courant du fameux rapport de 2004 est également sur toutes les lèvres.

À cette époque, c’est Robert Abdallah qui tenait les rênes de l’administration municipale. L’ancien directeur général de la Ville explique avoir informé dès 2004 le comité exécutif en place à l’époque, le maire y compris, de l'existence des dépassements de coûts des travaux publics dans la métropole.

Mais Guy Hébert a confié hier matin que Gérald Tremblay était «surpris et fâché», lorsqu’il lui a parlé de ce rapport, à la fin du mois d’octobre.

«Il a toujours dit qu’il ne l’avait jamais eu avant», a-t-il poursuivi.

Cette version est d’ailleurs corroborée par l’ex-président du comité exécutif, Michael Applebaum, qui a remis sa démission la semaine dernière, dénonçant une volonté d’Union Montréal de cacher ces informations à la population.

Alan DeSousa et Helen Fotopoulos, qui siègent au comité exécutif depuis 2004, assurent pour leur part ne pas avoir été mis au courant et nient en bloc avoir tenté de dissimuler quoi que ce soit.

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