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L’Opposition décisive

Vision Montréal et Projet Montréal ont le nom du prochain maire entre leurs mains

Mélanie Colleu

Mélanie Colleu @

Publié le: | Mise à jour:

L’Opposition décisive

Photos agence QMI, Etienne Laberge

Alors qu’ils siégeaient au sein du même parti politique il y a encore une semaine, Michael Applebaum et Richard Deschamps s’affrontent aujourd’hui pour le poste de maire intérimaire de Montréal. Leur sort est entre les mains de l’Opposition.

Onze jours après la démission de Gérald Tremblay, les deux partis d’opposition détiennent la clef du vote qui déterminera ce matin le nouveau maire intérimaire de Montréal.

En l’espace d’à peine deux semaines, le paysage politique de Montréal a complètement basculé.

Les scandales de corruption et de collusion révélés devant la commission Charbonneau ont engendré d’importants dommages collatéraux sur la scène municipale, à commencer par la démission du maire Gérald Tremblay, le 5 novembre.

Au pouvoir depuis près de 11 ans, son parti Union Montréal s’effondre littéralement derrière lui. Amputé de 10 élus en deux jours, il n’a désormais plus la majorité au conseil municipal.

Ce sont finalement les partis d’opposition, relégués au second plan jusqu’à présent, qui détiennent à eux deux le pouvoir de décider qui, de Richard Deschamps ou de Michael Applebaum, succèdera à Gérald Tremblay.

Avec 16 sièges pour Vision Montréal et 10 sièges pour Projet Montréal, ils ont l’avantage sur Union Montréal, qui ne possède plus que 25 sièges. Enfin, 13 élus siègent comme indépendants.

Difficile pour Deschamps

Les choses s’annoncent donc plus compliquées que prévu pour le candidat d’Union Montréal, Richard Deschamps, qui a déposé officiellement sa candidature hier après-midi au poste de maire intérimaire.

Il est en lice contre l’ex-président du comité exécutif, Michael Applebaum. Ce dernier a claqué la porte du parti cette semaine pour siéger comme indépendant.

Neuf conseillers l’ont suivi en annonçant eux aussi leur démission, dont le doyen du conseil municipal, Marvin Rotrand, qui fête sa 30e année de politique municipale à Montréal.

«M. Applebaum est le mieux placé. Il saura instaurer une collaboration entre les partis et ouvrir une refonte démocratique avec, entre autres, des réunions publiques du comité exécutif», estime-t-il.

Résultats vers midi

Au terme de tous ces mouvements politiques, le vote tant attendu aura lieu ce matin à l’hôtel de ville de Montréal et les résultats devraient être connus aux alentours de midi.

Il y a 65 élus au conseil municipal. Mais seuls 63 seront amenés à voter étant donné que Gérald Tremblay a démissionné et que Claude Dauphin, le maire de LaChine élu sous la bannière d’Union Montréal, est à l’extérieur du pays.

Le candidat qui obtiendra la majorité des 63 voix, c’est-à-dire 32 votes, sera le nouveau maire de Montréal jusqu’aux prochaines élections municipales de novembre 2013.

L’Opposition silencieuse

Sauf revirement de situation, les neuf démissionnaires – désormais indépendants – devraient soutenir Michael Applebaum.

Quand aux partis d’opposition, ils n’ont donné aucun indice hier. Ils réservent leur décision jusqu’au vote à bulletin secret aujourd’hui.

«Nous avons examiné tous les scénarios possibles (...). Nous n’avons pas l’intention de faire connaître autrement que lors du vote le résultat de nos délibérations », a déclaré la chef de Vision Montréal, Louise Harel.

Son homologue de Projet Montréal, Richard Bergeron, est quant à lui resté silencieux. Rendez-vous aujourd’hui pour connaître l’issue du vote.

Le duel Deschamps-Applebaum

Dernières propositions

Toutes les stratégies sont permises dans la course au poste de maire intérimaire de Montréal. Après s’être aligné sur les propositions de son adversaire Michael Applebaum, Richard Deschamps a sorti une nouvelle mesure de son chapeau hier : il demandera un vérificateur spécial à Québec s’il est élu.

«Nous voulons éradiquer le cancer de la collusion et de la corruption. Ce sera notre priorité pendant les prochaines semaines, les prochains mois et les prochaines années», a mentionné le candidat d’Union Montréal.

Les récentes démissions survenues dans son parti ne semblent pas l’avoir freiné. «Je fonctionne avec les gens qui veulent me suivre. J’ai la formation, l’expérience et la connaissance du terrain», estime-t-il, ajoutant avoir une très bonne entente au sein de son caucus, mais aussi avec l’Opposition.

Mercredi, il a emboîté le pas à son adversaire Michael Applebaum en annonçant qu’il souhaitait lui aussi former une coalition au sein du comité exécutif et baisser la hausse des taxes à 2,2 % dans le budget 2013.

Rien n’est gagné

M. Applebaum estime pour sa part que Montréal n’a pas besoin d’un vérificateur spécial.

Je pense qu’on est capables de regarder les dossiers et de gérer ça ensemble», a-t-il mentionné, ajoutant que M. Deschamps continuait «d’improviser».

Il devait rencontrer de nouveau Projet Montréal hier soir et comptait s’assurer une dernière fois de ses appuis tôt ce matin.

«Je vais bien dormir (...), mais rien n’est garanti tant que le bulletin de vote n’est pas dans l’urne», a-t-il conclu.

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