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Un manque d’effectifs au centre d’enquêtes

Maria Altagracia Dorval a été assassinée, six jours après le dépôt de sa plainte

Un manque d’effectifs au centre d’enquêtes
photo courtoisie
B. Taillefer, Commandant
Un manque d’effectifs au centre d’enquêtes
photo courtoisie
B. Taillefer, Commandant

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Lorsque la défunte Maria Altagracia Dorval a porté plainte contre son ex-conjoint à l’automne 2010, 25 % du personnel du centre d’enquêtes de la région Est de Montréal était absent.

«J’avais demandé plus d’effectifs à mes boss, ils ne pouvaient pas me les fournir», a déclaré hier le commandant du centre Est, Bertrand Taillefer, lors de l’audience en déontologie des cinq policiers cités pour négligence, dans le traitement de la plainte de Maria Altagracia Dorval.

La mère de famille âgée de 28 ans a été assassinée six jours après le dépôt de sa plainte contre son ex-conjoint, le 17 octobre 2010. Celui-ci est en attente de son procès pour meurtre.

«À l’époque, les enquêteurs étaient en mission en Haïti, en congé maladie, en congé parental ou à une autre assignation, a expliqué le commandant Taillefer à la présidente du comité de déontologie policière, Me Michèle Cohen.

La plainte de Mme Dorval, reçue le 12 octobre 2010 au centre d’enquêtes, a d’abord été jugée prioritaire, avant d’être considérée «non prioritaire», confirme le commandant Taillefer. «La plainte ne nécessitait pas une intervention immédiate, dit-il. L’agression avec couteau remontait au mois d’août. Rien ne disait qu’elle craignait pour sa vie [en octobre]», poursuit-il.

En septembre, la jeune femme s’était plainte à la police pour harcèlement, mais elle n’avait pas porté plainte.

Deux jours après le décès de Mme Dorval, Bertrand Taillefer a émis des recommandations à ses supérieurs. Selon lui, les patrouilleurs devraient pouvoir lancer un mandat d’arrestation et envoyer une fiche signalétique du suspect dans le réseau, si celui-ci n’est pas localisé. Aujourd’hui, c’est un analyste du centre d’enquête qui le fait à la demande de l’enquêteur. Au centre d’enquêtes Est, une policière appelle désormais tous les plaignants dans les cas de violence conjugale pour mieux classer leur requête.

Entre 60 et 100 cas par semaine

La sergente-détective Geneviève Leclerc, à qui on a confié le dossier, en a pris connaissance à son retour de congé, le 13 octobre à 6 h 30, d’après ses notes. À l’époque, elle avait 17 plaintes à traiter dont 5 pour violence conjugale et 3 dépassant 30 jours de traitement.

La matinée du 14 octobre, la sergente suivait une formation. «L’après-midi, elle a travaillé pour arrêter quelqu’un qui était en bris de conditions dans un cas de violence conjugale», poursuit son supérieur. «On reçoit entre 60 et 100 cas de violence conjugale par semaine», fait-il remarquer.

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