/news/health
Navigation
Santé

On peut vivre avec le VIH/sida et être un citoyen à part entière

s
photo ÈVE LÉVESQUE / AGENCE QMI Bruno et Emelyne, porte-parole de la campagne « C’est le sida qu’il faut exclure, pas les séropositifs » de la COCQ-SIDA.

Coup d'oeil sur cet article

La campagne lancée jeudi par la Coalition des organismes communautaires québécois de lutte contre le sida (COCQ-SIDA) vise à démontrer «que les gens vivant avec le VIH/sida sont des citoyens à part entière».

Bruno et Emelyne ont la tête remplie de projets. L’un est organisateur communautaire, et l’autre œuvre en prévention de la toxicomanie. Tous deux sont séropositifs. Porte-paroles de la campagne «C’est le sida qu’il faut exclure, pas les séropositifs», ils joignent leur voix à trois autres personnes qui se dévoilent aussi en lançant un message d’espoir et de vigilance.

Bruno dit avoir réfléchi avant d’accepter de devenir une des têtes d’affiche de cette campagne. «Une fois su, on ne sait jamais quand ça peut nous retomber dessus, a-t-il dit. C’est le propre de la discrimination. Puis ça peut devenir très subtil et les gens trouvent toute sorte de raisons pour t’exclure.»

Le jeune homme s’est dit toutefois bien entouré et soutenu. «J’essaie de démontrer que non, ça ne devrait pas être un enjeu de faire le dévoilement de son statut sérologique.»

De son côté, Emelyne dit ne pas avoir beaucoup réfléchi parce qu’elle s’est «sentie privilégiée de pouvoir représenter d’autres séropositifs».

«Comme je crois au changement, j’ai dit oui», a-t-elle indiqué.

Selon la COCQ-SIDA, le gouvernement devrait être plus actif dans sa lutte à la discrimination. «On a appris récemment que certains établissements de santé demandaient illégalement sur leurs formulaires d’embauche des informations sur l’état de santé des candidats, a rappelé Ken Monteith, directeur général de la coalition. Il faut que le gouvernement avertisse les établissements qu’ils ne peuvent pas faire ça. Ils perdent des talents. Mon message à ceux qui vivent avec le VIH/sida, c’est poursuivez vos projets. On a besoin de vous et le Québec a besoin de vous.»

«Il faut que ces personnes se sentent comme les autres, a souligné Emelyne. Si elles s’isolent, on perd quelque part, et le Québec perd aussi. Elles doivent être fières de ce qu’elles sont. La vie continue malgré les obstacles.»

Selon Bruno, il faut actualiser les informations que les gens ont sur le VIH. Quand j’ai su que mes médicaments rendaient ma charge virale indétectable et la transmission presque impossible, ça a changé ma perception de moi-même. Cette information doit circuler.»

Le 1er décembre est la Journée mondiale de lutte contre le sida.


En 1994, Bernard Gagnon a appris qu’il était séropositif.

«Ça été un choc, a-t-il dit. Les options de thérapie étaient exploratoires.»

M. Gagnon a donc décidé de ne pas prendre de médicaments. Or, en 2004, il a failli mourir d’une pneumocystis, une forme de pneumonie. «Mon système immunitaire n’existait plus, a-t-il raconté. La deuxième panique, ça été quand on m’a annoncé que j’allais faire de la trithérapie.»

L’homme qui aura bientôt 60 ans voulait une trithérapie qui ne lui causerait pas d’inconvénients trop sérieux. «Après plusieurs essais, j’ai trouvé la thérapie qui me convient, a-t-il affirmé. Depuis 2004, les options de trithérapie se multiplient.»

«Il faut prendre sa médication en main, a-t-il ajouté. La mission centrale de l’être humain c’est d’aimer et d’être aimé. Si on lâche ça, tout tombe.»

Il soutient qu’une trithérapie appropriée devrait avoir un minimum d’effets secondaires. «Les gens doivent cesser de penser que les problèmes de santé sont reliés à la maladie.»

 

Commentaires