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Marcotte touchera 160 000 $

Le maire de Mascouche, qui a annoncé hier sa démission, va cumuler de généreuses primes de départ

Jean-Louis Fortin

Jean-Louis Fortin @

Journal de Montréal, Publié le: | Mise à jour:

Marcotte touchera 160 000 $

photo d’archives

Richard Marcotte a été arrêté relativement à l’octroi de contrats dans sa ville, mais cela ne l’empêchera pas de toucher de généreuses sommes d’argent payées par les contribuables, pour son départ.

Même s’il fait face à 6 chefs d’accusation criminels, le maire de Mascouche, Richard Marcotte, qui a démissionné hier, touchera des primes de départ qui totalisent près de 160 000 $.

Selon les informations obtenues par le Journal, l’ex-maire, qui est notamment accusé de fraude et de complot relativement à l’octroi de contrats publics, a reçu une allocation de départ de 70 639 $, dont 10 000 $ ont été versés dans un REER.

Le chèque était déjà envoyé, hier, au moment d’écrire ces lignes.

Dans les 90 prochains jours, il touchera aussi 87 351 $ comme «allocation de transition», censée permettre à un élu de subsister avant qu’il se trouve un nouvel emploi.

Cette seconde prime est optionnelle, selon la loi provinciale, mais Mascouche a adopté un règlement pour la verser, pendant que Marcotte était au pouvoir.

Enfin, le maire déchu va toucher, chaque année jusqu’à la fin de sa vie, une rente de retraite. Basée sur le nombre d’années de service, elle n’a pas encore été établie avec précision, mais pourrait atteindre près de 45 000 $ annuellement, selon les calculs effectués par le Journal.

« Zone grise »

Marcotte, rappelons-le, a été arrêté en avril dernier en compagnie de 14 autres personnes, dont l’entrepreneur Normand Trudel et l’homme d’affaires Tony Accurso, dans une affaire de pots-de-vin en lien avec des contrats publics.

Sa prime de départ se situe dans une «zone grise entre ce qui est légal et ce qui est moral», a jugé hier le ministre des Affaires municipales, Sylvain Gaudreault.

«C’est choquant pour les gens de Mascouche, comme c’était choquant pour les gens de Laval. Je comprends ça et je le partage, mais la loi fait en sorte qu’un maire, après un certain nombre d’années, à droit à une prime.»

«Il faut peut-être faire une réflexion plus large éventuellement sur l’ensemble du régime municipal, concernant entre autres cette question des primes», a-t-il avancé.

Mécontents

À Mascouche, l’importance des montants que touchera le maire est loin de faire l’unanimité.

«Pour le citoyen ordinaire, c’est un peu incompréhensible tout ça. Comment un maire qui fait face à des accusations criminelles graves peut-il toucher une prime de départ?» s’est insurgé Stéphane Handfield, qui sera candidat aux prochaines élections municipales en novembre 2013.

Le montant qui reste à verser, soit l’allocation de transition, pourrait d’ailleurs être contesté dès lundi soir prochain, alors que les élus de Mascouche se réuniront en caucus à huis clos.

 

« Il était temps que ça arrive »

Photo le journal, Jean-Virgile Tassé-Themens

Guillaume Tremblay, candidat à la mairie de Mascouche en 2013.

« Il était temps que ça arrive »

 

L’annonce du départ de Richard Marcotte a été accueillie avec soulagement, hier, à Mascouche.

«Il était temps que ça arrive», a lancé Luc Thériault, ancien député provincial et candidat à la mairie pour l’élection de 2013.

Selon lui, la décision du maire de faire ses valises aurait dû être prise beaucoup plus tôt. «C’est déplorable que quelqu’un manque de sens moral à tel point, qu’il attende la dernière minute pour poser le geste. Mais c’est le personnage», a-t-il estimé.

Dans un communiqué publié hier, Marcotte, qui aura bientôt 65 ans, a déclaré que la principale raison qui motivait son départ était la maladie du fils de sa conjointe.

«On dit que l’on doit savoir bien choisir ses batailles», a-t-il affirmé.

L’ex-maire a également laissé entendre qu’il ne pouvait accepter son salaire en restant à la maison, faisait référence au projet de loi 10 du gouvernement Marois, qui interdirait à un maire accusé au criminel de se présenter au conseil municipal.

À Québec, le ministre des Affaires municipales, Sylvain Gaudreault, s’est déclaré satisfait du départ de Marcotte.

«C’était une demande attendue de la part de plusieurs citoyens de la ville de Mascouche alors je pense que c’est une bonne décision dans les circonstances», a-t-il dit.

«M. Marcotte avait perdu de la crédibilité aux yeux des citoyens et la confiance n’était plus là», a ajouté le ministre.

Trop attendu ?

Stéphane Handfield, qui cofondateur du parti Vision démocratique Mascouche, estime même que les contribuables de sa ville ont payé pour le maire pendant trop longtemps, après qu’il ait été arrêté en avril dernier.

«Un policier qui aurait fait face à la même situation aurait non seulement été suspendu, mais il aurait été suspendu sans solde», a-t-il fait remarquer.

Son collègue Guillaume Tremblay, candidat à la mairie aux élections de 2013, a préféré regarder vers l’avant.

«Aujourd’hui, il y a 45 000 personnes qui vont dormir plus heureuses et elles vont penser que les choses municipales vont mieux aller pour les prochains mois à venir», a-t-il estimé.

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