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Corinne de Vailly — Mélusine et Philémon

Aventures au temps des croisades

corinne de vailly
Photo Courtoisie

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L'auteure d’une quarantaine de livres pour les jeunes, dont la populaire série Celtina, vendue à 100 000 exemplaires, Corinne de Vailly, s’est immergée dans l’univers des Croisades pour écrire sa nouvelle série, Mélusine et Philémon.

Corinne a choisi l’époque des Croisades parce qu’elle avait envie d’aborder un sujet peu exploité en littérature jeunesse. «Je connaissais la légende de Mélusine et son attachement avec la famille de Lusignan. Je savais qu’il y avait une concordance avec Jérusalem à l’époque des Croisades. Pour moi, c’était tout à fait naturel, mais je voulais quand même créer un personnage à moi, Philémon, et ne pas faire juste un livre historique», explique l’écrivaine en entrevue.

Le premier tome se déroule à l’été 1174, lorsque la princesse Sybille doit rejoindre son père mourant. Chemin faisant, elle tombe dans une embuscade. Le page Philémon découvre qu’il est un des descendants de la fée Mélusine. Dans le deuxième tome, Philémon doit retrouver le deuxième anneau de Mélusine et part en Occident.

Corinne de Vailly, pour se documenter, a relu tout ce qu’elle a pu trouver sur les Croisades et sur la fée Mélusine. A-t-elle trouvé dans cette période historique assez d’éléments pour attirer les jeunes lecteurs? «Plus qu’il en faut!», s’exclame-t-elle spontanément.

«Les jeunes aiment les Croisades, les Templiers, les chevaliers. Je n’ai pas choisi les Templiers parce que je trouvais qu’on en parlait beaucoup. J’ai choisi de prendre les Chevaliers hospitaliers, qui étaient moins connus, mais qui étaient les grands rivaux des Templiers. Ils faisaient la même chose à Jérusalem, à la même époque. C’est vraiment le genre de choses qui passionne les jeunes.

«Si j’avais gardé la légende de Mélusine selon l’origine, j’aurais dû faire mon histoire 300 ans plus tard. Mais je ne voulais pas... Les années 1400, tout le monde y touche, plus ou moins. Donc, je voulais ramener ça le plus proche possible des années 1170-1175.»

Époque celtique

Mélusine rappelle une légende française qui date des années 1400, mais dont les racines plongent beaucoup plus loin, à l’époque celtique. «C’est une fée qui pourrait devenir mortelle si son mari respecte sa promesse de ne pas la regarder le samedi soir quand elle prend son bain. Et pendant 30 ans, il va respecter sa promesse. Jusqu’au jour où il ne la respectera pas — poussé par son frère — et se rend compte qu’elle se transforme aussi en dragon. J’ai retravaillé la légende, mais j’en ai gardé l’essentiel.»

Corinne a travaillé avec un dictionnaire étymologique pour utiliser des mots qui étaient le plus près possible du langage du XIIe siècle. «Si je parlais d’un couteau, j’allais voir comment on l’appelait à l’époque. Disait-on ‘’couteau’’ ou s’il y avait un autre mot? Je n’aurais pas pu faire ça s’il n’y avait pas eu Internet et qu’il aurait fallu que je me rende dans les bibliothèques. Ça aurait pris des années à l’écrire.»

Recherche approfondie

Pour décrire les décors, les armes, les vêtements, elle a puisé dans une encyclopédie médiévale très illustrée. Elle s’est aussi servie des plans de Jérusalem au XIIe siècle. «J’ai fait une recherche pas mal serrée sur Internet pour trouver quelle rue existait, quelle rue n’existait pas, quel bâtiment existait, lequel n’existait pas. Je me suis amusée avec ça.»

Corinne a une vraie fascination pour cette époque et, à la lire, on a vraiment le sentiment d’être sur place. «J’adore ça et je trouvais vraiment ça difficile, le soir, de sortir de l’époque pour aller me coucher!»

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