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Debout, Mascouche !

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Nous sommes loin d’être tous égaux devant la loi au Québec. C’est l’un de nos nombreux problèmes et certainement pas le moindre. Que le maire de Mascouche, Richard Marcotte, se paie une sortie de vie politique sur le bras des contribuables est une honte nationale. Et ça sera long avant d’en arriver à un jugement dans cette affaire. Alors, on ne fait rien? Pire, on lui paie ses vacances au soleil?

Nous sommes loin d’être tous égaux devant la loi au Québec. C’est l’un de nos nombreux problèmes et certainement pas le moindre. Que le maire de Mascouche, Richard Marcotte, se paie une sortie de vie politique sur le bras des contribuables est une honte nationale. Et ça sera long avant d’en arriver à un jugement dans cette affaire. Alors, on ne fait rien? Pire, on lui paie ses vacances au soleil?

Être l’objet d’accusations criminelles de fraude ou de corruption devrait être suffisant pour annuler le droit à des généreuses primes de départ. Ces primes sont prévues par la loi dans des situations normales. C’est loin d’être le cas.

Marcotte n’a pas pris sa retraite. Il a battu retraite! Face à la population qui n’en pouvait plus de se faire rire au nez. Depuis le scandale du déneigement des bornes d’incendies à 650$ pièce, alors que c’est dix fois moins ailleurs, Mascouche est la risée des villes. Et ses citoyens sont encore pris à ramasser les frais de délestage d’un maire sans gêne.

Car si Marcotte s’est sauvé d’une arrestation en bloc menée au printemps par l’Unité Permanente Anticorruption et la SQ, c’est juste qu’au même moment, il se dorait la bedaine à Cuba. Et 7 mois plus tard, le maire honteux reçoit un gros chèque pour services rendus? Une aberration qui contribue au cynisme citoyen.

Absence de sanction

L’absence de véritable sanction n’est pas qu’une question morale. C’est une certaine idée de la justice qu’il est fondamental de préserver. Où allons-nous si tout un chacun peut allègrement abuser du système et en ­repartir les poches pleines? L’absence de sanction est d’une grossièreté sans nom. C’est plus que choquant. C’est étouffant d’injustice. Pas besoin d’un spécialiste en éthique pour trouver que c’est ignoble. Et d’un point de vue citoyen, complètement inacceptable.

On assiste à une trop grande désinvolture. Les libertés et les droits fondamentaux de l'individu ont pris le dessus sur la décence. Il ne s’agit pas seulement de ­demander que les élus fautifs fassent preuve de discernement ou d’espérer qu’ils aient assez de jugeotte pour «se garder une p’tite gêne» quand vient le temps de passer à la caisse. Il faut leur imposer des règles minimales.

Dans le secteur privé, il y a au moins deux cas où aucune indemnité n’est versée au salarié: quand il y a faute grave ou ­démission. À Mascouche et Montréal, on est bien en présence des deux. Pourquoi un élu déchu aurait-il droit à un traitement de faveur différent des autres salariés?

Des lois rétrogrades

L'ex-maire de Laval, Gilles Vaillancourt, n’aurait jamais dû toucher sur-le-champ une prime de 250 000 $ après sa démission forcée. L’ex-président du comité exécutif de la Ville de Montréal, Frank Zampino, accusé de fraude par l’Escouade Marteau, n’aurait jamais dû recevoir près de 170 000 $ en prime de départ et de transition immédiatement. C’est d’une évidence crasse.

Le ministre des Affaires municipales, Sylvain Gaudreault, trouve ça «très choquant» lui aussi. Alors, qu’il légifère! Qu’il biffe les «zones grises entre ce qui est légal et ce qui est moral», et agisse contre l’indécence.

Qu’il y ait actuellement un vice dans la loi n’est pas une raison valable pour baisser les bras. Les règles actuelles sont rétrogrades, il faut les abroger sans attendre.

Aux conseillers de Mascouche qui se prononceront ce soir sur une allocation de transition en faveur de l’ex-maire ­Marcotte: vous avez l’occasion de faire de votre ville un exemple. Faites-le!

 

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