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Boisclair, une péquisterie de Pauline

Michel Girard

Michel Girard @

Journal de Montréal, Publié le: | Mise à jour:

Cou’donc Madame Marois, nous prenez-vous pour des tartes? Ça n’a aucun maudit bon sens votre décision d’offrir à André Boisclair un ­plateau d’or pour ses futures années de services!

Que vous l’ayez nommé délégué du Québec à New York, à 170 000 $ par année, personne ne remet en cause cette décision, l’ancien chef du PQ ayant de toute évidence les compétences pour assumer cette importante fonction chez notre plus important partenaire économique.

Mais lui accorder (en catimini jusqu’à aujourd’hui) le statut de permanent à vie de la haute fonction publique québécoise dans le dessein de lui garantir un job de sous-ministre adjoint lorsqu’il quittera (de gré ou de force) la délégation de New York, cela ressemble à de l’abus de pouvoir.

En vertu de quel sacro saint principe péquiste pouvez-vous justifier un tel cadeau financier à votre ancien chef péquiste? On parle ici d’un cadeau d’une grande valeur financière alors que M. Boisclair adhère d’office au très généreux régime de retraite des administrateurs de l’État. Un régime qui lui garantira une alléchante rente à vie même s’il prend sa retraite avant 65 ans. Un régime qui nous coûte, à nous contribuables, très cher.

La colère de Françoise

Comme complément à cette future rente de sous-ministre adjoint, M. Boisclair aura également droit à sa pension d’ex-député de l’Assemblée nationale.

Ce qui a amené la députée de Québec solidaire, Françoise David, à mettre de côté son légendaire calme pour porter une dure accusation contre la décision de Pauline Marois d’offrir un tel plateau d’or à l’ex-chef péquiste.

Mme David a vertement dénoncé cette double nomination de délégué à New York et de sous-ministre permanent. «On appelle ça le beurre et l’argent du beurre !»

Elle juge que M. Boisclair devrait renoncer à cette nomination de sous-ministre adjoint, qu’elle qualifie d’«indécente».

Le chef caquiste François Legault a lui aussi dénoncé la double nomination de M. Boisclair. Oui au poste de délégué à New York, mais pas comme fonctionnaire à vie. «C’est inacceptable», dit-il.

Mauvais timing

Il faut dire que la controversée double nomination d’André Boisclair (avec son intégration dans le régime de retraite des administrateurs du gouvernement du Québec) survient à un bien mauvais moment.

En cette période hautement critique où les gouvernements de tous les paliers cherchent désespérément des solutions pour réduire la flambée des coûts des régimes de retraite à prestations déterminées offerts aux employés de la fonction publique, parapublique et municipale, comment le nouveau gouvernement de Pauline Marois peut-il sérieusement justifier un tel cadeau à M. Boisclair. C’est injustifiable. Point à la ligne.

Mettez-vous à la place des employés de l’État lorsque le gouvernement péquiste va vouloir négocier à la baisse les avantages offerts par leur régime de retraite à prestations déterminées. Ils seront bien placés pour envoyer paître les négociateurs de Mme Marois !

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