/news/education
Navigation
Éducation | universités

Couper dans les salaires

Le ministre Duchesne demande aux recteurs de diminuer leur masse salariale

Couper dans les salaires
Photo archives / Agence QMI

Coup d'oeil sur cet article

Les universités savaient depuis plusieurs mois qu’elles devaient réduire leur budget, affirme le ministre Pierre Duchesne qui demande aux recteurs de sabrer d’abord leurs propres dépenses avant de «couper dans les services aux étudiants».

En entrevue au Journal, le ministre de l’Enseignement supérieur a adopté un ton dur à l’endroit des dirigeants universitaires.

«Je suis étonné de voir certains recteurs, comme Denis Brière (Université Laval), s’étonner du fait qu’on leur demande de respecter des cibles budgétaires qu’ils connaissaient depuis longtemps», affirme le ministre Duchesne.

«Les cibles que les universités doivent atteindre avaient été fixées dans le dernier budget de l’ancien gouvernement. Les ex-ministres de l’Éducation ont seulement manqué de courage pour les faire appliquer. Ce ne sont donc pas des coupures», martèle-t-il.

Mardi, le ministre Duchesne a informé les universités qu’elles devaient réduire de 5 % leur budget d’ici la fin de l’année fiscale, ce qui équivaut à 140 M$.

Par ailleurs, Pierre Duchesne exige que les dirigeants d’universités s’attaquent d’abord aux «enveloppes» de leurs «salaires», avant de couper dans les «services aux étudiants».

«Une université ne peut pas se comporter comme une entreprise privée. Je dois m’assurer que l’argent public est utilisé de la bonne façon. Je comprends très bien l’agacement du public.»

Des salaires faramineux

Plus tôt cette semaine, le Journal a publié les salaires de plusieurs hauts dirigeants d’universités.

Par exemple, à l’Université McGill, l’ex- doyen de la Faculté de médecine, Richard Levin, a reçu une rémunération de 668 101 $ l’an dernier, un salaire de base trois fois plus élevé que celui de la première ministre du Québec, Pauline Marois (177 000 $).

Le Journal a aussi révélé que l’Université Laval avait versé des «primes de marché» allant jusqu’à près de 40 000 $ à certains de ses cadres.

Le ministre Duchesne promet de vérifier si certaines clauses financières de ces contrats «contreviennent aux lois en vigueur.»

De leur côté, étudiants et professeurs se sont dits unanimement «déçus» et furieux» hier quant au «traitement privilégié» dont bénéficient les hauts dirigeants universitaires.

Trop de dirigeants

«Le recteur de l’Université de Montréal, Guy Breton, gagne pratiquement autant que le président des États-Unis. Ce n’est pas normal», s’est indigné Jean Portugais, président du Syndicat général des professeurs et professeures de l'Université de Montréal (SGPUM).

«À l’université, nous avons pas moins de 140 cadres académiques, et ce, sans compter le rectorat et les doyens. Nous avons beaucoup trop de dirigeants que l’on paie beaucoup trop cher», a-t-il aussi dénoncé.

«Un bonus de 30 000$ pourrait servir à embaucher un chargé de cours pour une année complète. Il faut repenser nos réseaux universitaires», croit la présidente de la FEUQ, Martine Desjardins.

 

Commentaires
Loading