Dans des livres et des entrevues, certains Québécois reviennent ces temps-ci sur ce qu’ils appellent tous de façon idyllique « le printemps érable ».
Une intolérance troublante ressort à l’égard de ceux qui ont contesté l’affaire. On semble viscéralement incapable d’admettre que des gens sensés puissent avoir là-dessus une vision différente de la nôtre, si ce n’est par bêtise ou intérêt.
RESPECT
La division politique s’est faite au Québec depuis un demi-siècle entre fédéralistes et souverainistes, avec un large consensus de centre-gauche. Si les fédéralistes et les souverainistes ont appris dans ce contexte à se respecter, une certaine gauche est tellement habituée à occuper tout le territoire intellectuel, qu’elle se sent agressée du seul fait de l’existence de points de vue différents.
On s’est par exemple convaincu que les médias s’étaient opposés unanimement aux revendications étudiantes, alors que ce fut globalement équilibré. Le Journal fut en général critique, Le Devoir approbateur, la Presse se situant entre les deux. TVA fut plus critique des étudiants, qui firent l’objet d’une couverture sympathique à Radio-Canada.
Je n’ai pas ménagé quant à moi mes réserves quant à un mouvement plein d’énergie, mais qui nous éloignait du rééquilibrage vers des Québécois individuellement plus responsables. Je ne l’ai fait ni par bêtise ni par intérêt personnel, mais bien parce que j’étais et reste convaincu que ce n’est pas dans l’intérêt à long terme du Québec.
Ceux qui sont à blâmer ne sont pas ces jeunes confrontés aux durs lendemains qu’on leur laissera en héritage. Ce sont ces parents incapables de dire NON quand il le faut, ces cadres acceptant le manque de professionnalisme de leurs employés.
Ces plus âgés manquent à leur devoir de transmettre ces valeurs indissociables du succès dans toute société: effort, persévérance, excellence, sens des responsabilités.
IRRESPONSABILITÉ
La commission Charbonneau fait ressortir à quel point une culture d’irresponsabilité s’est installée au Québec. Cela est incompatible avec le maintien de notre sociale-démocratie ou une indépendance éventuelle. Un Québec de gauche à la Québec solidaire ne saurait être que le pantin du Canada de Harper.
Il faut préparer les nouvelles générations au combat de la vie, en procédant à un vigoureux virage quant aux valeurs véhiculées par notre système d’éducation.
C’est en tout cas ce que je crois.
C’est quand les divergences semblent irréconciliables qu’il faut se rappeler ce qui constitue le cœur de notre culture démocratique: la reconnaissance que le camp d’en face est porteur d’une partie de la vérité.
L’expression vigoureuse des désaccords est non seulement un droit, elle est indissociable de l’exercice démocratique. La dualité en politique ne saurait être la lutte entre le bien et le mal.
C’est au contraire quelque chose de nécessaire, comme l’union de la femme et de l’homme pour créer une nouvelle vie.