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Baignade non mixte

Une pratique répandue

Baignades non mixtes
Photo le journal de montréal, ben pelosse Plus d’une centaine de personnes se rendent chaque semaine à la piscine du Centre sportif Côte-des-Neiges lors des heures de baignade spécifiquement réservées à leur sexe.

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Une dame porte plainte contre le Centre sportif Côte-des-Neiges parce qu’il offre des heures de baignade séparées pour les hommes et les femmes.

La piscine du Centre sportif Côte-des-Neiges n’est pas la seule à offrir des heures séparées pour les hommes et les femmes. Hors du Québec, c’est même monnaie courante.

Le Journal faisait état hier de cette piscine ­publique de Côte-des-Neiges qui offre des heures réservées aux hommes et d’autres, dédiées aux femmes. On exige même que les sauveteurs soient de même sexe que les baigneurs.

La mesure a été mise en place après des ­demandes de communautés religieuses et pour les personnes plus pudiques.

Cette pratique est pourtant adoptée ailleurs, pas nécessairement sans heurts.

C’est le cas à Toronto, au Joseph Piccininni Community Recreation Centre, qui offre des bains libres pour femmes seulement le samedi et ­dimanche soir.

L’Université de Toronto fait de même à son ­centre sportif et sa piscine, où l’on va même jusqu’à couvrir les fenêtres et les portes. Une douche et un espace pour se changer adjacents à la piscine sont prévus pour éviter que les femmes ne se montrent en maillot en public.

Guy Bertrand, avocat spécialisé en droits ­civiques, explique que de telles dispositions sont tout à fait légales suivant la Loi sur le multiculturalisme canadien.

«La loi dit qu’un immigrant reçu canadien a le droit de vivre ici comme chez lui. C’est à nous de nous adapter à sa culture», déplore-t-il toutefois.

«La plupart des immigrants s’adaptent à notre culture, mais ils ont le droit de demander des choses comme ça. Cette loi favorise la création de ghettos», croit-il.

Il estime qu’une requête pour discrimination devant les tribunaux serait rejetée dans le cas de Côte-des-Neiges, car tant les hommes que les femmes ont des heures allouées.

Les heures non mixtes à la piscine ne font pas l’unanimité en Europe. De houleux débats ont eu lieu à Lille, en France, ainsi qu’à Bruxelles, en ­Belgique.

Certains y voient une entorse au principe ­d’égalité hommes-femmes, alors que d’autres perçoivent cela comme un accès privilégié au sport, tant pour les immigrantes que les femmes en ­surpoids.

«Tous les pays qui ont accepté le multiculturalisme se remettent en question aujourd’hui, note Me Bertrand. Ils perdent le contrôle de la culture.»

Lucie Jobin, présidente du Mouvement laïque québécois, croit que la médiatisation de ces ­politiques peut éveiller les consciences.

«Les gens vont se rendre compte que certains se font donner des accommodements particuliers. C’est une forme de discrimination, à la limite», conclut-elle.

 

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