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Émilie Heymans

Un repos mérité

Émilie Heymans tire sa révérence

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La plongeuse Émilie ­Heymans n’a pu s’empêcher de laisser couler quelques larmes au moment d’officialiser sa retraite sportive, mercredi, au Complexe sportif Claude-Robillard.

Déjà, une semaine avant son départ pour les Jeux olympiques de Londres, Heymans admet avoir pleuré pendant une journée ­complète à l’idée de travailler pour la toute dernière fois avec son ­préparateur physique Alain ­Delorme.

«Ça va me manquer de côtoyer quotidiennement toutes ces personnes exceptionnelles qui étaient autour de moi», a reconnu ­Heymans, avec émotion.

La plongeuse pense notamment à son entraîneuse Yihua Li, du club de Pointe-Claire, avec qui elle a travaillé à partir de 2005.

«Je peux dire qu’elle est la ­personne qui a fait la plus grosse différence dans ma carrière, a dit Heymans. Elle allait même jusqu’à me prêter la clé de sa maison pour que je puisse me reposer chez elle à l’heure du dîner, entre deux ­entraînements.»

Superbe palmarès

Heymans se retire de la compétition après être devenue, à ­Londres, la première athlète ­canadienne à remporter une médaille à quatre Jeux olympiques consécutifs.

«Je suis fière d’avoir été au plus haut niveau pendant toutes ces années, a-t-elle confié. Je crois avoir été capable de m’adapter et d’évoluer avec le sport. C’est la raison pour laquelle je suis demeurée au sommet aussi longtemps.»

Après avoir gagné la médaille d’argent en compagnie d’Anne Montminy à l’épreuve synchronisée du 10 mètres aux Jeux de ­Sydney, en 2000, Heymans a ajouté une médaille de bronze à cette même épreuve à Athènes, en 2004, alors qu’elle faisait équipe avec Blythe Hartley. Quatre ans plus tard, à Pékin, elle a remporté une médaille olympique individuelle, obtenant la deuxième place à la tour de

10 mètres. Finalement, cet été, elle a complété sa carrière, à ­Londres, avec une médaille de bronze à l’épreuve du 3 mètres synchro, avec Jennifer Abel.

«La médaille olympique obtenue à Pékin sera toujours spéciale pour moi, a indiqué Heymans. Il est très difficile d’avoir une compétition parfaite, mais avoir été en mesure de le faire lors d’une finale olympique, c’est tout simplement ­incroyable.»

La petite boîte

Dotée d’une magnifique collection, à laquelle s’ajoute une médaille d’or à la tour remportée aux Championnats du monde de Barcelone en 2003, la nouvelle retraitée n’a pas encore de présentoir pour placer ses médailles à la maison.

«Je ne suis pas très matérialiste. J’aurais de la peine si on brisait ces médailles, mais je ne les expose pas. Elles sont dans une pochette, dans une petite boîte, quelque part dans ma maison», a-t-elle noté.

«Je préfère me remémorer tous ces beaux souvenirs dans ma tête. En plus de ma médaille à Pékin, je me rappellerai toujours des essais olympiques qui ont eu lieu à ­Montréal avant les Jeux de Sydney, en 2000. En me qualifiant, je réalisais mon vieux rêve de participer aux Jeux olympiques pour une première fois.»

Le lieu choisi par Heymans pour annoncer sa retraite n’est pas le fruit du hasard. Le Complexe sportif Claude-Robillard l’aura vue grandir, de 1987 à 2005. Avant de pratiquer le plongeon, Heymans avait effectivement été membre du club de gymnastique Gymnix.

Concernant son avenir, ­Heymans développe toujours sa propre ligne de maillots de bain. Désormais à l’extérieur de la piscine, la plongeuse admet qu’un point particulier ne lui manquera pas le moindrement.

«Je détestais aller dans l’eau chaque jour, a-t-elle avoué. ­Surtout l’hiver...»

 

Ce qu'ils ont dit:
«
Émilie demeurera toujours celle avec qui j’ai gagné ma première médaille olympique. Elle m’a appris à contrôler mes émotions et être en mesure de faire face à l’adversité pour revenir plus fort. »
– Jennifer Abel
«
Depuis les Jeux du Québec à Baie-Comeau en 1993, j'ai probablement passé plus de temps avec Émilie qu'avec mes parents ou ma sœur. Nous avons parfois vécu des joies et des peines en même temps dans nos carrières respectives, ce qui nous a rapprochés. Elle est une fille qui ne laisse jamais tomber et qui a toujours travaillé extrêmement fort.»
– Alexandre Despatie
«
De voir qu'elle a maintenant un bel avenir avec sa ligne de maillots, c'est quelque chose qui me rend très fier. Comme athlète, j'ai toujours admiré sa capacité d'oublier une contre-performance pour finalement en retirer du positif.»
- Eric Heymans, son père
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