/opinion/columnists
Navigation

Pas d’auto pour les multirécidivistes

Coup d'oeil sur cet article

Je connais une jeune femme qui vit aujourd’hui avec des limitations dues à un accident d’auto survenu le jour de ses 18 ans. Les accidents sont cruels. Mais lorsque la responsable de la tragédie dans l’autre véhicule est une multirécidiviste qui sévit encore ivre sur la voie publique, s’agit-il vraiment d’un accident?

Je connais une jeune femme qui vit aujourd’hui avec des limitations dues à un accident d’auto survenu le jour de ses 18 ans. Les accidents sont cruels. Mais lorsque la responsable de la tragédie dans l’autre véhicule est une multirécidiviste qui sévit encore ivre sur la voie publique, s’agit-il vraiment d’un accident?

J’ai tendance à croire qu’il s’agit bien plus d’une négligence collective à retirer de la route des gens qui ont fait la preuve hors de tout doute raisonnable de leur incapacité de se conformer aux lois. Le problème des multirécidivistes de l’alcool au volant constitue un fléau auquel le ministre Bertrand Saint-Arnaud a raison de vouloir s’attaquer. Enfin!

Il faut bien dire que nous avons fait des pas de géant en matière de sécurité routière. Des lois plus sévères qui ont discipliné la majorité des conducteurs, de nouvelles habitudes comme le port de la ceinture ou le chauffeur désigné font partie de la nouvelle réalité. Il faut s’en féliciter collectivement. Il y a aussi le fait que les véhicules sont de meilleure qualité et comportent des caractéristiques de sécurité supérieure.

LES IRRÉDUCTIBLES

Mais certains sous-groupes parmi les automobilistes semblent imperméables à ces progrès. Se faire prendre avec les facultés affaiblies à répétition démontre non seulement une inconscience envers les autres usagers de la route, mais aussi une propension totale à se moquer des lois et des sanctions. Plus de permis? Pas de problème, on conduit sans permis! Et les témoignages sont nombreux à l’effet qu’une proportion importante de ceux qui n’ont plus de permis valide continue de prendre le volant tout simplement.

Le Parti québécois aime généralement préconiser la réhabilitation en matière de sécurité publique, mais hier le ministre Saint-Arnaud a sorti le bâton. Avec raison. Il faut prendre le taureau par les cornes avec des mesures coercitives. C’est triste, mais la punition dure est le dernier recours pour faire respecter les lois. Le ministre de la Justice a donné des directives claires à ses procureurs de la couronne de demander des sentences plus sévères pour les récidivistes et même de s’opposer à leur remise en liberté avant procès dans certains cas.

AUTO CONFISQUÉE!

L’initiative la plus intéressante cependant pour les récidivistes qui en sont à leur troisième faute ou plus consiste à confisquer le véhicule purement et simplement. Pour celui qui conduit sans permis, la punition qui touche le point sensible ne peut pas être de lui retirer son permis! Frapper là où ça fait mal, c’est lui retirer sa voiture.

Pour rendre plus sévères certaines peines et rendre plus efficaces les procédures de saisie d’un véhicule, le gouvernement du Québec réclame des changements au Code criminel fédéral. J’espère que le ministre québécois de la Justice trouvera une oreille attentive à Ottawa.

Je relis l’historique d’accidents impliquant un conducteur ivre. Huitième offense, neuvième offense, onzième offense. La comédie a assez duré.

Commentaires
Loading