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Algérie

Les sept otages étrangers exécutés

 AFP

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astrium in amenas

Photo AFP / EADS / Astrium Services 2013

La ville de In Amenas dans le désert du Sahara.

ALGÉRIE - Sept étrangers retenus par un groupe armé islamiste ont été tués sur un site gazier pris d'assaut par l'armée algérienne qui a mis fin samedi à quatre jours d'une prise d'otages spectaculaire dans le Sahara algérien.

Les circonstances exactes dans lesquelles les derniers otages sont morts n'étaient pas claires dans l'immédiat, mais la télévision d'État a affirmé qu'ils ont été «exécutés» par leurs ravisseurs en représailles à l'assaut final lancé par les forces spéciales.

Les ravisseurs, membres d'un groupe proche d'Al-Qaïda, avaient fait état la veille de trois Belges, deux Américains, un Japonais et un Britannique encore retenus sur le site d'In Aménas. Bruxelles a toutefois dit ne disposer d'aucun indice sur des Belges parmi les otages.

Depuis le début de l'assaut militaire jeudi contre le site où étaient retenus depuis mercredi des centaines d'Algériens et des dizaines d'étrangers notamment occidentaux, la majorité des otages ont réussi à retrouver la liberté, d'autres ont été blessés ou sont morts.

Selon Reuters, 23 captifs ont péri durant les quatre jours de prise d'otages sur un site gazier en Algérie, alors que 32 ravisseurs ont été tués par les forces spéciales de l'armée qui ont mené un assaut contre le complexe, selon un bilan provisoire officiel.

Les forces algériennes ont pu libérer «685 employés algériens et 107 étrangers» et ont abattu «32 terroristes», a indiqué le ministère de l'Intérieur dans un communiqué, lu à la télévision d'Etat.

Vingt-et-un otages ont péri, ainsi que deux autres personnes tuées dans une attaque du groupe islamiste avant la prise d'otages, a-t-il ajouté.

Les assaillants avaient attaqué mercredi à l'aube un bus transportant des employés du site gazier se rendant à l'aéroport, tuant un Algérien et un Britannique, avant de prendre en otages les centaines d'autres employés du complexe.

Parmi les 32 ravisseurs tués figurent trois Algériens. Les autres étaient de différentes nationalités non précisées et comprenaient des experts en explosifs, a indiqué le ministère.

L'envoyée spéciale de la télévision publique, citant de «hauts responsables militaires algériens», a affirmé de son côté que parmi les preneurs d'otages figuraient des islamistes de «nationalité libyenne, néerlandaise, tunisienne, syrienne, égyptienne, malienne, yéménite et canadienne».

Le chef de la diplomatie norvégienne Espen Barth Eide avait déclaré un peu plus tôt, lors d'un point-presse, que la plupart des ravisseurs étaient originaires d'Afrique du Nord mais que certains autres venaient de pays situés en dehors de la région.

«Les preneurs d'otages viennent de différents pays, essentiellement mais pas seulement de la région. Il est fait état de ressortissants de pays autres que l'Afrique du Nord», avait-il dit, sans préciser les pays concernés.

A la suite de l'assaut, l'armée algérienne a récupéré un arsenal important: «six fusils-mitrailleurs, 21 fusils, deux fusils à lunettes, deux mortiers 60 mm avec roquettes, 6 missiles avec rampes de lancement, deux RPG7 avec huit roquettes, 10 grenades disposées en ceintures explosives», selon le communiqué du ministère algérien. Des «tenues militaires étrangères et un stock de munitions et d'explosifs» ont aussi été trouvés.

Un premier assaut avait été lancé jeudi par les forces spéciales de l'armée algérienne contre les ravisseurs dans la base-vie, suivi de l'assaut final samedi contre l'usine où s'étaient retranchés 11 assaillants avec sept otages étrangers, tous morts.

Étrangers portés disparus

Londres a souligné que «moins de dix Britanniques restent en danger ou portés disparus». Selon la chaîne NBC News, le sort de deux Américains demeure inconnu. Tokyo reste sans nouvelles de dix de ses ressortissants et la Norvège de six.

Washington et Tokyo avaient averti l'Algérie pour qu'elle préserve la vie des captifs, alors que le Conseil de sécurité de l'ONU condamnait «dans les termes les plus vifs» la prise d'otages sur le site gazier géré par le groupe norvégien Statoil avec l'Algérien Sonatrach et le Britannique BP.

La France, à laquelle l'Algérie a ouvert son espace aérien pour son intervention au Mali, s'est abstenue de critiquer l'opération.

Le photographe de l'AFP a vu passer samedi un camion à bord duquel se trouvaient cinq cercueils qui se dirigeait vers l'hôpital d'In Aménas, où sont soignés les blessés.

D'après des «sources jihadistes» citées par l'agence mauritanienne ANI, le commando «Signataires par le sang» était dirigé par Abdelrahmane, dit «le Nigérien», et était composé d'une quarantaine de personnes venues du Niger et originaires d'Algérie, d'Égypte, du Niger, du Tchad, de Mauritanie, du Mali et du Canada.

Selon ces sources, Belmokhtar proposait à Paris et Alger de négocier pour «l'arrêt de la guerre livrée par la France» au Mali. Il voulait aussi «échanger les otages américains» contre l'Egyptien Omar Abdel-Rahman et la Pakistanaise Aafia Siddiqui, emprisonnés aux Etats-Unis pour terrorisme.

«Enveloppés d'explosifs»

Plusieurs des rescapés ont raconté leur calvaire. Selon l'épouse d'un Philippin blessé, Ruben Andrada, les otages ont été enveloppés d'explosifs et installés dans des camions piégés.

«Ils lui ont mis une bombe sur lui, comme un collier», a dit Edelyn Andrada. «Heureusement, elle n'a pas fonctionné. Les bombes dans les autres véhicules ont été déclenchées et des gens sont morts».

Un autre rescapé philippin, Jojo Balmaceda a raconté avoir été ligoté puis jeté dans un camion avec d'autres otages japonais et malaisiens.

Face aux critiques étrangères sur la façon dont a été mené l'assaut, une source gouvernementale algérienne a estimé qu'il avait été mené dans des conditions «extrêmement complexes», et avait évité un «véritable désastre».

Elle a expliqué que le groupe était doté d'un arsenal de guerre constitué de missiles, lance-roquettes, grenades, fusils-mitrailleurs et fusils d'assaut.

Une opération de déminage des installations de l'usine de gaz, où étaient retenus les derniers otages, est en cours, a annoncé Sonatrach après l'assaut. «Il a été constaté que l'usine a été minée dans le but de la faire exploser».

Selon le juge antiterroriste français Marc Trévidic, l'attaque islamiste a été préparée depuis longtemps, bien avant l'intervention française au Mali le 11 janvier. «Belmokhtar est passé à l'acte à un moment qu'il estimait favorable pour des raisons stratégiques, pour universaliser le conflit et se placer à la tête du jihad international».

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