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Mafia, motards et gangs de rue s'unissent

Mafia, motards et gangs de rue s'unissent

Mafia, motards et gangs de rue font équipe en affaires à Montréal

Une alliance redoutable
Photo d’archives
Le chef du SPVM prend «très au sérieux» la série de règlements de compte qui frappe la mafia montréalaise. Gaétan Gosselin, un ami du caïd Raynald Desjardins, a été assassiné le 22 janvier dernier, en face de chez lui, sur la rue Jean-Tavernier.
Une alliance redoutable
Photo d’archives
Le chef du SPVM prend «très au sérieux» la série de règlements de compte qui frappe la mafia montréalaise. Gaétan Gosselin, un ami du caïd Raynald Desjardins, a été assassiné le 22 janvier dernier, en face de chez lui, sur la rue Jean-Tavernier.

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La mafia, les motards Hells Angels et les gangs de rue font désormais équipe au sein d’une vaste alliance à Montréal, un redoutable partenariat d’affaires auquel les policiers sont confrontés pour la première fois.

La mafia, les motards Hells Angels et les gangs de rue font désormais équipe au sein d’une vaste alliance à Montréal, un redoutable partenariat d’affaires auquel les policiers sont confrontés pour la première fois.

C’est le directeur de la police de la Montréal, Marc Parent, qui l’a lui-même confirmé au Journal, hier, en entrevue.

«Quand même des gangs de rue en viennent à s’associer avec les motards et avec la mafia italienne, on comprend que ce sont des associations d’entreprises illégitimes qu’on ne voyait pas avant. Aujourd’hui, ce qui se passe avec le crime organisé, c’est comme une construction de blocs Lego», a imagé le chef Parent, en évoquant cette «structure» aux couleurs multiples.

« Acheter la paix »

Selon lui, les diverses factions du crime organisé à Montréal ont uni leurs forces pour «acheter une forme de paix et arriver à une seule fin : faire de l’argent».

«Ils s’associent pour tirer profit de toutes sortes d’activités illicites, que ce soit le trafic de drogues, les armes à feu, le proxénétisme et même la criminalité en col blanc. Ils délimitent ensemble les marchés qu’ils veulent établir et optimisent leur expertise respective. Il n’y a plus de frontière», a-t-il dit, à la lumière des observations faites par les policiers sur le terrain ces derniers mois.

Retour du parrain

Selon le numéro un du SPVM, le retour du parrain Vito Rizzuto, qui semble avoir repris les rênes de la mafia montréalaise, expliquerait en partie cette union des ­acteurs du monde interlope.

«Évidemment, le retour de Vito Rizzuto a amené tout le monde à vouloir établir son territoire, mais c’est un phénomène qu’on ne peut attribuer à une seule ­personne. C’est une conjoncture.»

L’émergence de ce conglomérat nouveau genre se tramait depuis l’été dernier. Le soir du 10 août, le chef des Bo-Gars, «Big» Chénier Dupuy, a été abattu dans le stationnement des Galeries d’Anjou. Dans les jours précédents, ce vétéran des gangs de rue d’allégeance «rouge» s’était catégoriquement opposé à une alliance d’affaires avec les «bleus», proposée par un homme de confiance des Hells Angels, Gregory Wooley, lors d’une réunion que ce dernier avait convoquée et regroupant plusieurs chefs de gang dans un bar de Sainte-Adèle.

Pour Dupuy, il n’était pas question de travailler avec ceux qu’il appelait «les licheux de bécyc» (les motards). Depuis, c’est le calme plat chez les gangs de rue.

Par contre, la mafia montréalaise a été marquée de sept meurtres au cours des quatre derniers mois.

«On prend ça très au sérieux et on doit rester vigilants, a affirmé le directeur Parent. Nos policiers du groupe Éclipse jouent un rôle primordial sur le terrain. Tout notre monde est mis à contribution et on partage notre information avec nos partenaires des autres corps policiers.»

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