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Le royaume enchanté

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Récapitulons. On ne veut pas du Plan Nord, on ne veut pas de mini barrages, on ne veut pas de gaz de schiste, on ne veut pas de foreuses, on ne veut pas d’éoliennes, on ne veut pas exploiter notre pétrole, on ne veut pas importer le pétrole sale de l’Alberta, on ne veut pas d’hydro-électricité, on ne veut pas de gaz naturel...

Récapitulons. On ne veut pas du Plan Nord, on ne veut pas de mini barrages, on ne veut pas de gaz de schiste, on ne veut pas de foreuses, on ne veut pas d’éoliennes, on ne veut pas exploiter notre pétrole, on ne veut pas importer le pétrole sale de l’Alberta, on ne veut pas d’hydro-électricité, on ne veut pas de gaz naturel...

On ne veut pas d’augmentation de taxes ni d’impôts.

On ne veut pas de la SAQ (qui vend le vin trop cher) ni de Loto-Québec (qui exploite la crédulité du pauvre monde).

Mais on veut la gratuité scolaire, la gratuité des soins de santé et des garderies à sept dollars.

Pouvez-vous me dire COMMENT ON VA ARRIVER À ÉQUILIBRER TOUT ÇA ?

MAÎTRES CHEZ NOUS

Il fut un temps où on se disait qu’il fallait être maîtres chez nous. Exploiter nos richesses naturelles, créer de grosses entreprises et construire d’énormes barrages pour nous donner les moyens de nos ambitions.

Aujourd’hui, on croit qu’on va remettre nos finances à flots (et rendre la souveraineté économiquement alléchante) en multipliant les sourires, les pistes cyclables et les bonnes intentions.

«Bâtir un pays, ça se fait debout / Pas avec des fleurs et des I Love You», chantait Tex Lecor dans les ­années 70.

C’était à une autre époque. Quand on croyait que pour bâtir un pays, il fallait des bulldozers, des turbines, du cambouis et de la machinerie lourde.

UN PEUPLE INCONSCIENT

Si au moins, on se disait : «On va couper dans les dépenses...»

Mais non. On veut payer davantage les profs, les médecins et les éducateurs en garderies, et continuer d’offrir des pensions en or aux fonctionnaires, sous prétexte qu’on ne revient pas sur des ententes déjà signées.

Il y a un mot pour décrire cet état d’esprit : inconscience.

Économiquement, les Québécois vivent dans un royaume enchanté, où la dette n’est qu’une série de chiffres sans conséquence et où l’argent pousse dans les arbres.

Chaque groupe de pression tire la couverture de son bord en se foutant complètement du bien-être de la collectivité.

LE SENS DES RÉALITÉS

Le 25 janvier 1977, René Lévesque prononçait un discours devant l’Economic Club de New York.

«Le Québec doit apprendre à vivre selon ses moyens, disait-il. Au chapitre du budget, c'est par un réaménagement des priorités et des réformes administratives que nous ­réaliserons nos projets, non par de vastes et coûteux programmes, source d'une croissance démesurée de la bureaucratie gouvernementale.

«Il nous semble essentiel pour l’économie québécoise de pratiquer l'autorégulation des dépenses publiques. Les entreprises et les contribuables québécois sont suffisamment taxés. Nous ne songeons pas à leur imposer de nouvelles charges fiscales, ni à mettre en danger la capacité concurrentielle de nos entreprises. C'est pourquoi la croissance de nos dépenses doit être ajustée à l'augmentation normale de nos revenus fiscaux.

«Nous éviterons les dépenses somptuaires et mettrons l'accent sur des projets productifs, essentiels et autant que possible créateurs d'emplois.

«En cette ère de rareté de l'énergie, il est naturel que le Québec fasse un effort particulier pour développer au maximum ses propres ressources énergétiques.»

Si Lévesque regardait comment les Québécois se comportent aujourd’hui, il se retournerait dans sa tombe...

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