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Excès de zèle?

L'OQLF réprimande un restaurant italien

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Photo CAPTURE D'ECRAN / TVA NOUVELLES
Le restaurant italien Buonanotte
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Le restaurant italien Buonanotte

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Le restaurant italien Buonanotte, situé sur le boulevard Saint-Laurent à Montréal, ne pourra plus vendre de «pasta». L'Office québécois de la langue française (OQLF) vient de lui interdire l'usage de ce mot dans ses menus.

Le restaurant Buonanotte, qui existe depuis 22 ans, fait partie des bonnes adresses montréalaises. Son menu n'a pas changé depuis tout ce temps, mais voilà qu'on lui reproche maintenant d'utiliser des termes comme «antipasti», «pasta», «carne», «pesce».

Pourtant, l'OQLF, qui sévit dans ce dossier, laisse aller des termes comme «vino bianco», «vino rosso», «uve», qui signifie raisin, et «sommario».

«On [ne] peut pas aller dans un restaurant grec où on traduit le mot "tzatziki" ou le mot "spanakopita" ou quoi que ce soit. Ça donne un charme, non?» croit Massimo Lecas, copropriétaire du restaurant.

Pour Pascale Lefrançois, championne du monde d'orthographe à Paris, en 1980, il est plutôt de circonstance que de retrouver des plats à consonance italienne sur le menu d'un restaurant italien.

«Dans la mesure où on comprend de quoi il s'agit parce qu'on a décrit en français le plat, je pense que c'est tout à fait appétissant de voir le terme en italien ou dans toute autre langue qui donne une couleur locale au menu», a expliqué Mme Lefrançois, professeure de didactique du français à l'Université de Montréal.

«Excès de zèle»

Selon l'Office, le français doit trouver son équivalence sur un menu. «Lorsqu'une autre langue est aussi présente, aucune ne peut l'emporter sur le français, donc c'est la règle de l'équivalence qui s'applique», a affirmé Martin Bergeron de l'OQLF.

En soirée, l’organisme a annoncé, dans un communiqué, avoir fait une «enquête à la suite de la réception d'une plainte déposée en bonne et due forme par un citoyen».

L'OQLF a admis qu'il «y a eu excès de zèle» et qu'elle tiendra compte des particularités du restaurant pour émettre ses recommandations.

À Québec, la ministre responsable de la Charte de la langue française, Diane de Courcy, a réagi. «J'ai toujours confiance en les conseillers de l'OQLF. Alors, je vais faire fouiller ça aujourd'hui», a-t-elle dit.

Ridicule, selon l’opposition

«Il n'y a pas un francophone ou un Québécois qui va s'offusquer de voir le mot "pasta" dans un menu, a dit de son côté la députée caquiste Nathalie Roy, porte-parole en matière de langue. C'est ridicule! Vraiment, une chance que le ridicule ne tue pas.»

La moitié des plaintes à l'OQLF concernent l'affichage. Celles pour les menus font partie des inscriptions générales. L'Office ne tient pas de statistiques spécifiques sur cette question, mais évalue qu'elles représentent moins de 10 % des dénonciations.

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