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LES MUSES ORPHELINES

Une famille écorchée

Une famille écorchée
Photo courtoisie Dans cette pièce, Macha Limonchik, Nathalie Mallette, Maxime Denommée et Léane Labrèche-Dor campent les membres d’une même famille frappés par le drame.

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C’est une histoire bouleversante avec de bons moments amusants qui nous a été présentée en première, jeudi soir dernier, chez Duceppe.

C’est une histoire bouleversante avec de bons moments amusants qui nous a été présentée en première, jeudi soir dernier, chez Duceppe.

Écrite par l’auteur Michel Marc Bouchard, la pièce Les muses orphelines, qui en est à sa 120e production à travers le monde, est racontée par une magnifique distribution. Quatre comédiens sont sur scène, interprétant un frère et trois sœurs d’une même famille, tous blessés à vif par la vie. Résultat, des caractères pétillants et une performance explosive sur scène.

C’est une magnifique histoire, celle des Muses orphelines, où le misérabilisme est au cœur de la pièce. Qu’y a-t-il de plus dramatique qu’une mère qui abandonne ses quatre enfants? C’est ce que les trois sœurs et un frère de la famille Tanguay ont vécu. Un drame qui les marquera au fer rouge.

La pièce est campée dans un petit village du Québec, où l’on parle le joual et où les ragots vont bon train au sujet de la famille Tanguay. Le drame remonte à 20 ans en arrière. Les quatre enfants se retrouvent seuls sans père ni mère. L’aînée, Catherine (Macha Limonchik), deviendra la mère par procuration des trois autres enfants. On la jugera certes trop froide envers les siens, pourtant elle s’est sacrifiée, multipliant les emplois afin d’offrir une vie presque normale à ses frère et sœurs. Derrière ses airs sans pitié, elle ira jusqu’à s’endetter pour offrir à son jeune frère, Luc (Maxime Denommée), la possibilité de réaliser son rêve, celui de devenir écrivain.

À la hauteur de son personnage

Plusieurs attendaient avec impatience de voir la performance sur scène de Léane Labrèche-Dor. Chose certaine, elle n’a déçu personne, même qu’elle en a surpris plusieurs alors que les attentes étaient pourtant élevées. La fille de Marc Labrèche, qui incarne Isabelle, la sœur cadette de la famille Tanguay, une fille de 27 ans ayant l’âge mental d’une adolescente de 12 ans, campe un personnage attachant et est une talentueuse comédienne. Sur les planches, elle a du caractère et sait faire rire son public de façon étonnante.

Son personnage, Isabelle, arrivera même à surprendre tant les spectateurs que son frère et ses sœurs. On réalisera vite qu’elle est loin d’être folle. Elle parviendra à monter une supercherie souhaitant se venger auprès de son frère et de ses sœurs qui lui ont menti pendant des années. C’est principalement pour la protéger et ne pas la voir souffrir qu’on lui a caché que sa mère les avait abandonnés, lui laissant plutôt croire qu’elle était morte. Lorsque la vérité éclatera, Isabelle aura sa revanche. Elle réussira même à faire venir sa sœur d’Allemagne, Martine (Nathalie Mallette), qui s’est enrôlée dans l’armée comme son père l’avait fait avant elle.

D’excellents jeux

Un autre personnage qui se démarque est celui de Maxime Denommée, qui incarne Luc, le seul homme de la famille. Il joue merveilleusement bien son rôle, illuminant le spectacle. Il est conscient que sa mère les a abandonnés, n’empêche qu’il la défend au point de sembler être amoureux fou d’elle, c’est pratiquement une obsession. Sur les planches, il est celui qui saura nous faire rire en portant les robes de sa mère. Il l’imagine vivant en Espagne, devenue une reine. Il va même lui dédier son roman, Correspondance d’une reine d’Espagne.

Même si l’harmonie n’est pas toujours présente dans cette famille éprouvée par la vie, il n’en demeure pas moins qu’une certaine forme de solidarité est présente. Le beau tout comme le moins beau chez l’être humain s’y retrouvent, tel l’équilibre de la vie.

 

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